Le 19 avril 2018, l'Histoire de l'Ukraine a triomphé du consumérisme et de la corruption. Le conseil municipal de Kiev a pris la décision très attendue d'arrêter la construction d'un centre commercial dans le principal quartier historique de la ville. Les fouilles archéologiques menées sur le chantier ont déjà permis de mettre au jour des découvertes uniques, une rue et des bâtiments datant de la Rus' de Kiev, cette principauté médiévale dont l'Ukraine, la Biélorussie et la Russie se revendiquent.
La décision du Conseil a été saluée par les archéologues et les activistes qui, depuis plusieurs années, mènent une campagne pour la création d'un véritable musée d'Histoire sur le site archéologique, au cœur de la ville médiévale de Kiev. Nombre de fois, ils ont cru leur combat voué à l'échec: le promoteur du centre commercial, un homme lié à l'ex-président Ianoukovitch, ayant réussi à obtenir le soutien de l'administration municipale dans ce que les activistes ont qualifié d'affaire de corruption.
Cette décision ne pouvait pas arriver à un moment plus crucial: l'Histoire est une arme non négligeable dans le conflit qui oppose la Russie et l'Ukraine. L'annexion de l'histoire de la Russie kiévienne*, que ce soit en s'appropriant la reine Anne de Kiev ou en insistant sur le fait que Moscou possède des "droits successoraux" sur la principauté du Moyen Âge, serait un moyen pour la Russie de justifier son expansionnisme impérial. C'est pourquoi un musée illustrant la fondation historique de Kiev, attesterait non seulement que la capitale de l'Ukraine (fondée en 988) est plus ancienne que Moscou (fondée en 1147) mais aussi d'après le directeur adjoint de l'Institut ukrainien de Philosophie, Anatoliy Kolodmyi, dans une lettre qu'il a écrite au maire Vitalii Klitschko, que l'Ukraine s'inscrit dès le Xème siècle dans une identité culturelle européenne, et a rapidement acquis le statut de centre civilisationnel pour de nombreux pays slaves orientaux.
* Fondée à l'origine et d'après la légende par le chef varègue Riourik (règne 862 - 879) à Novgorod, la capitale de la Rus' s'installe à Kiev à la fin du IXème siècle. Les règnes de Vladimir le Grand (980-1015) et de son fils Iaroslav le Sage (1019-1054) constituent l'âge d'or de la Rus'.
Des recherches malmenées par la corruption
L'histoire a commencé en 2013, quand Hensford Ukraine LLC, une société dirigée par Andriy Kravets - proche de l'ex-président Ianoukovitch, a été choisie à l'issue d'un concours lancé par la ville de Kiev. Objectif: construire un centre commercial dans le cadre de la réhabilitation urbaine de la place Poshtova, au cœur de Podil, le quartier historique de Kiev. Là où le bât blesse, c'est que le concours fut remporté par la société Hensford en dépit d'un projet présenté après la date butoir du concours, soit une violation du réglement, et la construction elle-même débuta sans que la société ait acquis les droits de propriété pour la parcelle de terrain.
Anabella Morina, une militante qui mène la campagne depuis 2 ans pour la création d'un musée sur le site de fouilles, est convaincue que la construction du centre commercial s'inscrit dès le départ dans une vaste affaire de corruption profitant au cercle de Viktor Ianoukovitch, qui se poursuit encore avec les autorités actuelles.
Bien que la loi ukrainienne exige que des recherches archéologiques soient effectuées avant tout chantier de construction sur des sites ayant une portée historique, Hensford ne permit aux archéologues d'entamer les fouilles dans la fosse creusée pour les fondations du centre commercial, qu'après la révolution de Maïdan et l'élection du nouveau maire de Kiev.
Le musée, pomme de discorde
Les fouilles archéologiques ont donc débuté en décembre 2014. Mykhailo Sahaydak, directeur du centre d'Archéologie de Kiev rapporte qu'au début, les archéologues ont découvert les fondations médiévales de Kiev et les premiers artefacts datant des XIIème et XIIIème siècles. Mais lorsqu'ils creusèrent jusqu'à une profondeur de 7m, ils réalisèrent que le niveau datant de la période de la Rus' de Kiev était tout aussi bien conservé. Ces découvertes ne doivent rien au hasard d'après les archéologues comme les historiens, car le site correspondant aujourd'hui à la place Poshtova est mentionné dans les chroniques racontant le baptême de Vladimir le Grand en 988 et la conversion à l'orthodoxie de toute la principauté qui s'ensuivit.
Mykhailo Sahaidak, en tant que responsable des fouilles sur le site, proposa de créer un musée sur place. Mais à partir de 2016, plusieurs problèmes surgirent avec le promoteur, menaçant toutes les découvertes de destruction.
La société Hensford publia un plan où le futur musée, relégué au rang d'attraction pour la clientèle, devait occuper seulement 100m² dans le sous-sol du centre commercial de 8000 m²... Une proposition aberrante d'après Mykhailo Sahaydak pour une site historique aussi important. "Nous avons fouillé plus de 1000m². Nous avons découvert une ligne de palissades qui entourait probablement un vaste domaine d'environ 700m² et deux autres propriétés adjacentes, séparées par des ruelles, et l'une d'elles se dirige vers Andriyivsky Descent [la Descente Saint-André, l'une des plus anciennes rues de Kiev]", avait-il argué à l'époque.
Valeriy Oliynyk, représentant de Hensford Ukraine LLC, avait riposté en faisant valoir que sa société avait financé 70% de la recherche - à hauteur de 5 millions de hryvnia [soit 163 763,51€] - et que seulement 50% du travail avait été achevé. "Nous sommes probablement le financeur le plus important des fouilles archéologiques sur ce site - plus de 5 millions ont été alloués à la recherche archéologique. Et, nous ne sommes pas contre le fait de fournir plus de fonds, mais s'il vous plaît, travaillez, explorez, cherchez." En outre, Valeriy Oliynyk avait interpellé les archéoloques sur la qualité de leur travaux menaçant d'installer des caméras sur le site afin de diffuser sur Internet la mauvaise gestion des fouilles. "En deux ans, pas un poteau de bois n'a été enlevé. Tous les objets en bois trouvés sur le site doivent être immédiatement conservés. Tout le monde sait que les bactéries sont partout, alors qu'allons-nous faire à ce sujet? Qu'en est-il de ces palissades en bois qui sortent du sol? Elles sont endommagées par les bactéries; elles vont tout bonnement être dévorées!"
Le problème est que personne n'avait à ce moment officiellement pris en charge cette remarquable découverte. "La propriété de ce musée n'a pas été définie, et personne ne sait qui le créera, qui mènera les expositions et sera responsable de son exploitation", avait commenté Mykhailo Sahaydak. En outre, l'Ukraine n'a pas de spécialistes formés à la conservation des objets, rendant impossible l'exposition de la plupart des objets et éléments du site.
Un combat citoyen pour l'Histoire
C'est alors que Hensford commença à insister pour qu'une dalle de béton soit coulée sur le site avant la fin des fouilles. Il fut interdit aux archéologues de creuser plus profond bien que plusieurs couches comprenant des objets et des vestiges de bâtiments anciens avaient d'ores et déjà été détectés par les spécialistes ayant préalablement sondé le sol. "Il nous a été interdit d'aller plus loin, mais les XIème et Xème siècles sont là ... Ils disent que si nous continuons les fouilles, nous détruirons la stabilité de toute la structure", avait rapporté Mykhailo Sahaydak.
Si pour les archéologues, la dalle de béton prévue par le promoteur ne devait avoir pour effet que de suspendre les fouilles et endommager des découvertes potentielles, Hensford prétendait qu'elle était nécessaire pour des raisons de sécurité, la place n'étant plus soutenue que par des poteaux et des pylônes temporaires.
À ce moment-là, des activistes, lassés de voir surgir dans le centre historique de Kiev des centres commerciaux insipides - et illégaux puisque résultant de la corruption des fonctionnaires de la ville, se sont emparés de la question et ont mené une longue campagne citoyenne pour soutenir la création du musée place Poshtova. "Après notre Révolution de la Dignité [également appelée Révolution de Maïdan], la Russie a intensifié ses fouilles archéologiques à deux endroits - Novgorod et en Crimée. Comme ils avaient perdu Kiev, ils ont commencé à chercher des traces de la Russie kiévienne ailleurs. À Novgorod, ils cherchent des témoignages de la Rus' de Kiev et des Varègues; en Crimée, ils recherchent tout ce qui peut être lié à la conversion de la Rus' de Kiev. Par conséquent, lorsque nous trouvons l'endroit où cela s'est passé à Kiev, il semble que les autorités en charge de notre patrimoine culturel et le ministère de la Culture ne comprennent pas très bien ce sur quoi nous sommes tombés!", résume Akim Halimov, journaliste et réalisateur de documentaires.
Dans un premier temps, une commission parlementaire recommanda que le ministère de la Culture, le ministère de l'Intérieur et l'administration de la ville de Kiev suspendent le chantier de construction et, conformément à l'article 36 de la loi sur la protection du patrimoine culturel, refusent l'autorisation de poursuivre les travaux place Poshtova jusqu'à ce que les experts aient établi une feuille de route pour l'étude archéologique du site. La commission insista également pour que des mesures urgentes soient prises afin de créer un musée et financer la conservation des artefacts et autres vestiges de ce patrimoine historique, la décision finale appartenant toutefois à l'administration de Kiev et au ministère de la Culture.
Dans un deuxième temps, le 19 avril 2018, les élus du conseil municipal ont voté en première lecture la fin de l'accord avec le promoteur Hensford, la poursuite des fouilles archéologiques et l'ouverture d'un concours international afin de choisir le meilleur projet architectural pour le musée. Quant au deuxième vote visant l'adoption définitive du projet, il signera définitivement la victoire du combat féroce mené par les historiens et citoyens de Kiev.
Des découvertes archéologiques uniques
Les fouilles de la place Poshtova ont confirmé que l'histoire de Kiev commençait dans le quartier de Podil, une bande de terre adjacente à la rive du fleuve, le Dniepr, et non comme il était admis jusqu'alors, dans les quartiers situés sur les collines de la ville haute.
Dans les années 1980, Mykhailo Sahaidak, qui dirige aujourd'hui le centre d'Archéologie de Kiev, avait déjà découvert lors de la construction du métro des quartiers urbains structurés à Podil. Ils se composaient de maisons en bois du Xème siècle et de structures hydrotechniques ingénieuses atténuant les effets des inondations printanières annuelles. Ces inondations ont créé à Podil ce que Sahaidak appelle une sorte de "Pompéi": sous plusieurs mètres de sable et de limon, la ville emblématique de la Rus' de Kiev a été préservée, presque intacte.
Neuf archéologues ont donc travaillé tous les jours de 9 heures à 20 heures sous la place, pour essayer de découvrir rapidement le plus d'objets et de vestiges possibles. "Les fragments des pots en argile sont les plus précieux pour nous, car leurs ornements aident à identifier la période exacte à laquelle la poterie a été fabriquée" a confié Ivan Zotsenko, l'un des archéologues.
L'une de leur plus belle découverte sur le site fut celle d'un port. Un bâtiment mis au jour à proximité servait probablement de "bureau de douane" médiéval. Sa superficie - 800 m² - était trop grande pour les Kiéviens ordinaires de l'époque. Et autour de lui se trouvent 10 autres bâtiments sans qu'aucun n'ait une fonction résidentielle. Par ailleurs, les archéologues ont trouvé 15 sceaux portant le nom du prince de Kiev, qui furent probablement utilisés pour les documents commerciaux officiels, ainsi que les vestiges d'anciens entrepôts. Ceux-ci comprenaient toutes sortes de marchandises, des bracelets byzantins, des perles de verre bleu et des bijoux en cuivre de Scandinavie, mais aussi des noyaux de pêches que les commerçants de l'époque devaient transporter de Crimée.
Ils obtinrent également l'autorisation de mener leur recherche près de l'église de la Nativité sur la place Poshtova. "Il y avait un ancien cimetière là-bas. Si nous creusons là, je suis sûr que nous trouverons encore plus d'objets du temps de la Russie kiévienne", a confié una autre archéologue, Serhiy Taranenko.
D'après Mykhailo Sahaidak, ces découvertes sont encourageantes et suggèrent que d'autres trésors attendent à des niveaux plus profonds et plus anciens. Elles indiquent également, que Kiev était un comptoir commercial, ce qui n'est pas surprenant étant donné que la ville était une véritable mégapole en comparaison avec les villes de l'époque, entre le XIème et le XIIème siècle. Les historiens estiment que la capitale de la Rus' de Kiev était habitée par 50 000 à 100 000 personnes au XIIème siècle, alors que la population de Londres n'était que de 20 000 habitants au Xème siècle, et 35 000 au XIVème siècle. À la même période, les plus grandes villes de la ligue hanséatique - Hambourg, Gdansk et autres - comprenaient respectivement environ 20 000 habitants.
Une mégapole commerciale au Xème siècle
La représentation de Kiev en tant que centre politique majeur au Moyen Âge doit donc être révisée selon Mykhailo Sahaidak.
Tout démontre au fur et à mesure des découvertes, que sa prééminence était de nature économique: la ville fut un lieu important sur une route commerciale qui a émergé au cours d'une nouvelle phase du développement de l'Europe médiévale. Cette phase est liée à la disparition de l'empire romain, au moment où une grande migration du Sud vers le Nord a eu lieu: "La structure de la ville était presque identique à celle de toutes les villes européennes de l'époque. Seule l'échelle et le plan interne des éléments diffèrent. Les fragments de constructions en bois que nous avons découvert à Podil, à Kiev, ressemblent beaucoup à ceux que l'on peut voir aujourd'hui dans les expositions de Lund (Suède) et de York (Royaume-Uni). Cette similitude fut la première, mais non la dernière «révélation» des recherches menées à Podil. ... Par exemple, dans les couches du Xème siècle, nous avons trouvé des tuiles d'ardoise produites localement avec un ornement qui passe pour avoir été importé, d'origine iranienne. Mais il a été "breveté" par les artisans de Kiev. Ces produits ont été diffusé à partir de Kiev plus loin au nord, jusqu'à Birka en Suède." a-t-il expliqué.
Reste à savoir si le site archéologique de la place Poshtova est le lieu historique où, en 988, le prince Vladimir le Grand fut baptisé et convertit la Russie kiévienne. Les toponymes autour de la place suggèrent que cela pourrait être le cas. Par exemple, les archéologues ont mis au jour les vestiges des portes de Khreshchatytski, dérivé du mot Khrestyty, pour "baptiser". Les chroniques mentionnent aussi la rivière Pochaina, nom d'un affluent du Dniepr, comme l'endroit où les gens de Kiev étaient invités à venir se faire baptiser pour devenir chrétiens - qu'ils le veuillent ou non. Et toutes les recherches historiques au sujet de cette rivière indiquent qu'elle se jetait dans le Dniepr juste au niveau où se trouve la place Poshtova.
Est-ce le lieu historique où Vladimir le Grand, avec l'aide de la foi chrétienne, a façonné une principauté rassemblant des tribus en guerre pour en faire l'une des plus développées de son temps? Seules d'autres études plus approfondies le démontreront.
Un musée de préférence in situ
L'idée de créer un musée archéologique innovant place Poshtova arrive en 2ème place dans les projets de financement participatif du conseil municipal de Kiev. Mykhailo Sahaidak a passé beaucoup de temps à réfléchir à quoi ce musée pourrait ressembler. Selon lui, le musée devrait être un lieu consacré à la recherche et aux échanges, innovant et interactif, et permettre de se connecter directement avec le passé. Il existe de nombreux exemples de tels musées dans le monde.
Par exemple, un musée souterrain a été créé à Cracovie lorsque des bâtiments médiévaux y ont été découverts en 2005. En Grande-Bretagne, à York, une partie du musée propose une reconstitution, tandis qu'une autre présente au public le vrai site archéologique avec des personnages de cire. Sofia en Bulgarie a 2 musées souterrains: l'un est situé sous le bâtiment de l'église Sainte-Sophie, et le second est une ancienne rue restaurée de la ville romaine.
Cependant, de nombreux problèmes doivent être résolus avant la création d'un tel musée. L'Ukraine n'a pas la capacité de préserver les objets en bois et de conserver un tel site archéologique dans son ensemble.
Un projet de déplacer les artefacts dans un autre bâtiment au lieu de les préserver in situ est d'ailleurs toujours en cours de discussion. Cependant, cela signifierait perdre l'authenticité de cette artère de la Russie kiévienne. "Quelque part sous terre, il y a une vieille ville. Comme Pompei. Pourquoi les Italiens ont-ils créé un symbole de leur histoire à partir de ce lieu? En se rendant là-bas, ils peuvent obtenir des réponses à leurs questions. C'est une source première pour l'Histoire. «Première» signifie que nous n'avons pas d'autre Histoire. Vous pouvez lire quelques pages dans un livre; ou, vous pouvez marcher dans une vraie rue, voir un vrai bâtiment. D'après ce que j'ai compris, certaines des personnes qui ont construit ces musées en Scandinavie, à Cracovie, à York et à Cologne l'ont fait parce qu'ils voulaient avoir accès à une source première de leur Histoire. Nous pouvons oublier ce grand site sous nos pieds, ou nous pouvons enrichir notre histoire grâce à lui pour longtemps. Ainsi, nous pourrions progressivement répondre aux questions restées en suspens" a déclaré Mykhailo Sahaidak qui aspire à un musée in situ.
Ce sera un long chemin avant que Kiev se dote du musée de ses rêves et puisse rassembler un financement de plusieurs dizaines de millions d'euros. Mais une vidéo proposant une reconstitution du site archéologique permet, en attendant, d'imaginer ce que c'était de marcher dans une rue de la Rus' de Kiev (cf. vidéo ci-après).
Une remarquable pièce de bois a été mise au jour de manière fortuite à Wijk bij Duurstede, dans la province d'Utrecht. Elle pourrait provenir d'un navire viking du IXème siècle.
La découverte a eu lieu le mercredi 18 Mars 2026 lors de travaux de terrassement pour la construction d'un nouveau réseau d'égouts et de drainage. L'œil averti de Danny van Basten, archéologue amateur et bénévole à ArcheoTeam Wijk bij Duurstede, a immédiatement perçu la valeur potentielle de la pièce de bois travaillé qui émergeait du sol, ce qui a conduit à la consultation de spécialistes de la Viking Ship Management Foundation et du Musée de Dorestad.
Le charpentier naval et expert Kees Sterrenburg a pu déterminer, en se basant sur la forme, les encoches et la qualité de la facture, qu'il s'agissait probablement d'un élément de charpente d'un navire.
Compte tenu de sa localisation et des fragments de poterie retrouvés à proximité, les archéologues pensent que le navire pourrait dater de l'époque carolingienne, entre le VIIIème et le IXème siècle.
Une pièce de monnaie nordique en argent datant de la fin de l'Âge Viking a été découverte dans le Maine en 1957. Depuis lors, la question se pose de savoir si les Vikings ont atteint cette région de l'extrême nord-est des États-Unis.
Des archéologues ont mis au jour une fosse commune de l'époque viking contenant les restes en partie démembrés de dix individus, au sud-est de Cambridge, en Angleterre. Cette fosse, qui renfermait également le squelette d'un homme de très grande taille ayant subi une trépanation, pourrait être un témoignage des conflits du IXème siècle entre Saxons et Vikings.
C'est dans le cadre d'une fouille de formation effectuée par des archéologues et des étudiants en licence d'Archéologie de l'Université de Cambridge que des victimes d'une bataille ou d'une exécution datant du IXème siècle de notre ère ont été découverts dans une fosse commune au printemps 2025.
Le site se trouve à environ 5 km au sud de Cambridge, dans une région qui représentait à cette époque une 'zone frontière' dans le conflit entre le royaume de Mercie, dirigé par les Saxons, et le royaume d'East Anglia, conquis par les Vikings vers 870.
Lors des investigations qui ont duré jusqu'à l'été de la même année, les restes de 10 individus ont été dénombrés d'après le nombre de crânes. Parmi eux se distinguent au moins une victime de décapitation et un homme, d'une taille extrêmement grande pour l'époque, dont la boîte crânienne a été trépanée.
Une butte sur la côte ouest du comté de Cumbria va bientôt faire l'objet d'investigations archéologiques. Elle pourrait abriter la sépulture d'un redoutable et célèbre chef de guerre qui dirigea la conquête du Danelaw en Angleterre à la fin du IXème siècle, nommé Ivar Ragnarsson, dit "Ivar le Désossé".
Peu de temps après son arrivée en Angleterre à l'automne 865, Ivarr inn Beinlausi (son nom en vieux norrois), fils du légendaire Ragnar Lothbrok, prit la tête de la Grande Armée païenne dont il confiera le commandement à partir de 869 à ses fréres Halfdan et Ubbe.
L'hypothèse selon laquelle il aurait émigré ensuite en Irlande ne repose que sur la confusion avec un autre personnage historique, Ivarr de Dublin, fondateur de la dynastie des Uí Ímair. Ce qu'il devint et la date précise de sa mort restent donc inconnus à ce jour.
Sa tombe non plus n'a jamais été retrouvée. Mais les recherches menées par l'archéologue Steve Dickinson le porte à croire qu'Ivar a été enterré avec son navire dans un lieu appelé "le tertre du roi", dont il est fait mention dans une saga.
Un chercheur norvégien a évalué à près d'un milliard le nombre de pièces de monnaie du califat islamique qui auraient afflué vers le monde viking en 150 ans. L'argent dont elles sont faites incarne, selon lui, une des forces motrices de l'Âge Viking.
Aujourd'hui, Teisen, à Oslo, est un quartier résidentiel classique avec de petits immeubles et des maisons individuelles. Mais pendant des siècles, ce fut une région aux terres agricoles fertiles.
Il est donc probable que ce soit un fermier de Teisen qui ait enterré ici un important trésor d'artefats en argent quelque temps après l'an 919 de notre ère - date figurant sur la plus récente des pièces de monnaie mises au jour, rapporte le Musée de l'Âge Viking.
Ce trésor mis au jour en 1844 comprend, comme tant d'autres, non seulement de nombreuses pièces d'argent avec des inscriptions arabes, appelées dirhams, mais aussi des bijoux finement ouvragés et des lingots entaillés qui pourraient tous avoir été façonnés à partir des monnaies islamiques.
Une tombe de l'époque viking remarquablement bien conservée a été mise au jour à Val, près de Bjugn, dans le comté de Trøndelag. Les archéologues s'attellent désormais à l'étude du matériel osseux et des objets funéraires afin de tenter de résoudre l'énigme que représente la femme enterrée là.
C'est grâce à la découverte, plus tôt dans l'année, d'une broche tortue par un amateur de détection de métaux, Roy Søreng, que les archéologues du Musée des Sciences de l'Université norvégienne des Sciences et de la Technologie (NTNU) et du Conseil du comté de Trøndelag ont pu localiser la sépulture.
Ces derniers avaient déjà mis au jour, quelques mois seulement auparavant, un squelette exceptionnellement bien conservé datant du VIIIème siècle sur le même terrain. La découverte de Søreng les a donc incités à explorer de nouveau le site - avec succès.
"La tombe de l'époque viking renferme ce que nous pensons être la dépouille d'une femme, inhumée avec des vêtements et des bijoux typiques de cette période, datant du IXème siècle. Cela laisse supposer qu'il s'agissait d'une femme libre, probablement mariée, peut-être une femme au foyer travaillant dans une ferme", explique Raymond Sauvage, ingénieur principal au département d'Archéologie et d'Histoire culturelle du musée.
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