IDAVOLL

Les maladies et les traitements à l'Âge Viking

Sommaire

Les maladies 

  • Contracture de Dupuytren
  • Déficit en alpha-1-antitrypsine (A1AT)
  • Dysrythmie intestinale et auriculaire chronique (DIAC)
  • Hémochromatose de type 1
  • Lèpre
  • Parvovirus B19
  • Sclérose en plaques
  • Scorbut
  • Variole

Le traitement des maladies

  • Les plantes médicinales
  • Les remèdes à base d'alcool
  • Les divinités guérisseuses
  • Les inscriptions runiques

Les maladies

Les conditions de vie des gens à l'Âge Viking étaient dures. Le matériel osseux humain mis au jour dans les sépultures scandinaves de l'époque par les archéologues fait état de maux très courants tels que l'usure des vertèbres, des articulations et des dents, ainsi que des traces de fractures guéries aux bras ou aux jambes. 

En lien le plus souvent avec le régime alimentaire, les infections parasitaires et bactériennes à l'origine de diarrhée prolongée et d'anémie, étaient également communes.

D'autres maladies les ont affectés. Des maladies virales qui se sont propagées au-delà de l'ancienne Scandinavie par les contacts avec d'autres populations dans les comptoirs commerciaux ou lors des expéditions vikings, mais aussi des pathologies héréditaires dans les régions où il se sont établis, qui témoignent encore de nos jours du patrimoine génétique qu'ils ont légué.

 

La contracture de Dupuytren

La maladie de Dupuytren, découverte au XIXème siècle par le médecin-chirurgien Guillaume Dupuytren, est une affection de la main qui entraîne la flexion et l'immobilisation des doigts contre la paume. Bien que l'annulaire et l'auriculaire soient les doigts les plus souvent atteints, tous les doigts peuvent être touchés. La contracture est le dernier symptôme de la maladie de Dupuytren, qui est le trouble héréditaire le plus courant des tissus conjonctifs.

La maladie de Dupuytren progresse lentement, généralement sans douleur et, parfois, sans que certaines personnes atteintes ne souffrent d'une contracture. Cette affection apparaît lorsque les tissus sous-cutanés de la paume épaississent, et forment des nœuds (nodules de collagène) et des bandes fibreuses. Ces bandes de tissus peuvent alors raccourcir et entraîner une contracture irréversible d'un ou de plusieurs doigts en position fléchie. Elle ne doit pas être confondue avec le doigt à gâchette, cas où ce sont les tendons qui sont en cause.

La cause de la maladie de Dupuytren reste toujours inconnue de nos jours. De nombreux facteurs ont été incriminés, tels que l’épilepsie, le diabète, le travail manuel, l’alcool, le tabagisme, etc. En fait, il s'agit essentiellement de corrélation, sans preuve formelle de causalité. Il est toutefois recommandé de rechercher systématiquement un diabète éventuel devant une maladie de Dupuytren.

>>> La seule chose établie avec certitude est son origine génétique. Exceptionnelle chez les Asiatiques (1 seul cas), les Africains (à peine 8 cas répertoriés) et les Indiens (10 cas décrits) , la maladie de Dupuytren survient seulement chez les sujets blancs, européens du nord (Islande, Scandinavie, Russie, Angleterre) et chez leurs descendants, en particulier dans les pays d'émigration britannique (Canada, États-Unis, Australie). Les invasions des Vikings restent le facteur prédominant de la répartition de la maladie dans le monde. De plus, au moins 10 % d’entre eux ont des membres de leur famille atteints par l'affection, mais cette notion est très souvent inconnue du patient. 

La maladie se manifeste surtout après la quarantaine et toucherait 6 fois plus souvent un homme qu'une femme. Comme elle est plus fréquente chez les descendants des peuples nordiques, le cas type est un homme dans la cinquantaine avec les cheveux blonds et les yeux bleus selon l'étude intitulée Epidemiological Evaluation of Dupuytren's Disease Prevalence Rates to Etiology. L'étude a été publiée le 15 janvier 2009 dans la revue American Association for Hand Surgery.

 

Le déficit en alpha-1-antitrypsine (A1AT)

Le déficit en alpha-1-antitrypsine (ou A1AT) est une maladie génétique, caractérisée par des taux réduits d'alpha 1-antitrypsine (AAT) dans le sang. Elle entraîne bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), emphysème pulmonaire et dans certains cas des anomalies du foie. Plus rarement, la maladie peut se manifester par des atteintes de la peau de type vascularité nécrosante. 

La plupart des patients sont asymptomatiques ce qui retarde le diagnostic. Le déficit en alpha-1-antitrypsine ne peut être guéri, mais il est possible de ralentir l'évolution de la maladie, grâce à une bonne hygiène de vie et à un traitement substitutif.

Le déficit en alpha-1-antitrypsine touche 5% de la population mondiale, ce qui réprésente 300 millions de personnes. Les descendants d'Européens du Nord ont le plus gros risque d'être porteurs de la maladie, soit environ 1 sur 5 000.  

>>> Des fouilles archéologiques de fosses de latrines de l'Âge Viking au Danemark ont révélé que les populations subissaient des infestations massives de vers intestinaux. D'après le professeur Richard Pleass, auteur principal d'une étude sur le sujet publiée par l'École de médecine tropicale de Liverpool (LSTM) en 2016, les Vikings auraient mangé de la nourriture contaminée et les parasites auraient migré vers divers organes, y compris les poumons et le foie, où les protéases qu'ils ont libérées ont causé des maladies. L'étude montre que des formes déviantes de l'alpha-1-antitrypsine se sont liées à un anticorps appelé immunoglobuline E (IgE) qui a évolué pour protéger les organes vitaux de personnes contre les maladies causées par les vers, devenant un trait héréditaire. Le professeur Pleass conclut: "la médecine moderne a permis au seul siècle dernier de traiter les populations humaines contre les vers pathogènes: ces formes dévastatrices d'A1AT, qui protégeaient autrefois les personnes contre les parasites, sont maintenant en mesure de provoquer l'emphysème et la BPCO. "

 

La dysrythmie intestinale et auriculaire chronique (DIAC)

En 2014, la revue Nature Genetics a présenté les résultats de recherches issus d'une collaboration fructueuse entre des cardiologues pédiatres et chercheurs du CHU de Québec, affilié à l'Université Laval, et du CHU Sainte-Justine, affilié à l'Université de Montréal. Il s'agit là d'une découverte majeure puisque c'est une nouvelle maladie qui vient d'être identifiée.

Nommée la "dysrythmie intestinale et auriculaire chronique" (DIAC), cette maladie rare affecte le fonctionnement électrique des cellules musculaires responsables du fonctionnement automatique du cœur et des intestins. Bien que seul un petit nombre de patients en soit atteint, les conséquences de cette maladie sont très importantes pour ces personnes et leurs proches. En effet ces patients souffrent essentiellement d'un ralentissement des battements du cœur, qui rend nécessaire l'implantation d'un stimulateur cardiaque une fois sur deux, parfois dès l'enfance. Du point de vue digestif, une pseudo-obstruction intestinale chronique les oblige souvent à s'alimenter exclusivement par voie intraveineuse. Plusieurs doivent aussi subir une intervention chirurgicale aux intestins.

>>> C'est en reconstituant la généalogie de huit patients d'origine franco-canadienne à l'aide du fichier historique de population québécoise BALSAC que les chercheurs ont réussi à identifier une ascendance commune remontant au XVIIème siècle, plus précisément un couple marié en France en 1620. Les tests génétiques moléculaires prouvent par ailleurs que la mutation canadienne-française et suédoise a une origine commune, ce qui laisse supposer aux chercheurs un effet fondateur et un rôle important de la migration des populations. Selon leurs calculs, l'héritage de la mutation remonterait au XIIème siècle, aurait suivi la route des Vikings de la Scandinavie jusqu'en Normandie, puis celle des colons venus s'établir en Nouvelle-France au XVIIème siècle.

 

L’hémochromatose de type 1

L’hémochromatose de type 1 ou hémochromatose classique, due à une mutation du gène HFE identifié par l'équipe du professeur John N. Feder aux États-Unis en 1996, est une maladie génétique caractérisée par une hyperabsorption du fer par l'intestin entraînant son accumulation dans l'organisme, préférentiellement au niveau de certains tissus et organes. C'est l'une des maladies génétiques les plus fréquentes dans les populations originaires d'Europe du Nord, et notamment en Irlande, au nord du Royaume-Uni et en Scandinavie. 200 000 personnes seraient porteuses de cette prédisposition génétique en France, en particulier en Bretagne et au pays Basque,  2 200 000 en Europe et 2 millions aux États-Unis.

Les manifestations cliniques sont tardives, au-delà de 40 ans. Elles sont en effet liées au retentissement de la surcharge en fer sur certains tissus et organes et cette surcharge ne se met en place que lentement. Du fait des pertes menstruelles (règles) et des grossesses qui font perdre beaucoup de fer, la maladie s'exprime plus tardivement et moins sévèrement chez les femmes que chez les hommes.

Les principales manifestations cliniques sont :

  • une fatigue (asthénie) inexpliquée
  • troubles de la libido et ennuis sexuels
  • un aspect "bronzé" qui est en fait une mélanodermie (coloration grise de la peau)
  • des douleurs articulaires (signe de la poignée de main en particulier) révélant des arthrites
  • une atteinte hépatique: simple élévation des transaminases, augmentation du volume du foie (hépatomégalie), cirrhose, carcinome hépato-cellulaire
  • une atteinte cardiaque (insuffisance ventriculaire gauche, troubles du rythme)
  • des atteintes endocriniennes : diabète, hypogonadisme hypogonadotrophique (pouvant être responsable d'une impuissance chez l'homme) et hypothyroïdie

L'ensemble de ces manifestations ne s'observent qu'en cas de ferritine très élevée et sont réversibles sous traitement, sauf les atteintes hépatiques évoluées, et parfois, les douleurs abdominales. Seules les atteintes articulaires peuvent parfois s'aggraver malgré les saignées. En raison des atteintes au foie et des risques accrus de cirrhose, cette maladie nécessite une prise en charge spécialisée.

L'origine génétique de cette maladie a été mise en évidence par Marcel Simon et ses collaborateurs à Rennes en 1976. La mutation HFE C282Y, responsable de la plupart des cas d’hémochromatose en Europe semble avoir pour origine un événement unique. Elle est donc souvent décrite comme une mutation celtique dont on pense que l’origine se situe dans la Préhistoire, à l'époque du Néolithique, il y a environ 4 000 / 4 500 ans, soit vers 2000 av J-C, dans une population celte située autrefois en Europe centrale et dont la diffusion vers l'ouest et le nord de l’Europe s’est produite par les mouvements de population. Le changement de régime alimentaire, riche en viande rouge pour les chasseurs-cueilleurs du Mésolithique à celui constitué principalement de céréales, moins riche en fer, du Néolithique a probablement provoqué une augmentation de l'incidence de l'anémie ferriprive, en particulier chez les femmes en âge de procréer. L’hypothèse la plus probable est que l'hémochromatose héréditaire représente une adaptation à la carence de fer générée par l'alimentation à base de céréales du Néolithique.

>>> Il a également été suggéré que, durant le haut Moyen Âge, les migrations des Vikings vers des contrées aussi diverses que lointaines des îles Britanniques à la mer Méditerranée jusqu'en Russie ont été, en grande partie responsables de la distribution de cette mutation.

 

La Lèpre

L’agent infectieux responsable de la lèpre est la bactérie Mycobacterium leprae (une bactérie proche de l'agent responsable de la tuberculose, identifiée par le Norvégien Gerhard Armauer Hansen en 1873). La transmission n'est pas héréditaire et a lieu lors de contacts étroits et fréquents avec des personnes infectées et non traitées, par inhalation de gouttelettes d’origine nasale, par contact des mucosités de lépreux avec des ulcérations ou des plaies cutanées ou encore par l'intermédiaire d'objets souillés.

Le bacille de la lèpre se multiplie très lentement : la période d’incubation de la maladie est de 5 ans en moyenne, mais les symptômes peuvent parfois n’apparaître qu’au bout de 20 ans. La maladie provoque des lésions cutanées et nerveuses, ainsi que des infirmités sévères. Sans traitement, ces lésions progressent et deviennent permanentes, touchant la peau, les nerfs, les membres et les yeux.

La lèpre fut longtemps incurable, et les lépreux étaient regroupés dans des léproseries comme mesure essentielle de prophylaxie. La maladie est aujourd'hui traitée par l’administration de 3 antibiotiques avec une guérison entre 6 et 12 mois en fonction du type de lèpre (paucibacillaire ou multibacillaire).

>>> En 2018, des chercheurs de la Queens University à Belfast ont étudié 5 squelettes irlandais présentant des traces de la maladie. Ces individus sont morts entre le Xème et le XIIIème siècle et étaient porteurs de deux types de la bactérie Mycobacterium leprae, identiques aux types connus durant l'Âge Viking en Scandinavie. Sur la base d'analyses du strontium des squelettes, les chercheurs ont pu constater que deux des malades ont grandi en Scandinavie. Depuis l’empire romain, la maladie s’est propagée en Europe, mais en Irlande, il n’y avait aucune trace de la maladie avant l’arrivée des Vikings en 795.

 

Le parvovirus B19

Le parvovirus B-19 (PVB-19) ou Erythrovirus B19 est un très petit virus, qui tire son nom du mot latin parvum signifiant "petit". Le parvovirus fut d’abord trouvé aux environs de 1975 par Cossart et son équipe, au cours d’un dépistage sanguin normal de l’antigène de surface de l’hépatite B. Plus tard, en 1983 le parvovirus B-19 fut reconnu comme responsable du mégalérythème épidémique, également appelé érythème infectieux aigu ou syndrome des joues giflées (une maladie éruptive de l'enfant, contagieuse mais le plus souvent bénigne, provoquée par le Parvovirus B19).

Le parvovirus B19 n'est pathogène que pour les humains et est transmissible principalement par les voies respiratoires et par contact direct. Il peut se retrouver aussi dans les sécrétions respiratoires, ce qui augmente sa virémie lors d'épidémie.

Il arrive très souvent que des gens infectés soient asymptomatiques. Sinon, les symptômes sont identiques à ceux d’une légère grippe avec fièvre, douleurs musculaires et maux de tête. Après deux semaines peuvent survenir une éruption cutanée et des douleurs articulaires. Les symptômes sont plus dangereux chez les gens immunodéficients car l’infection sera chronique et encore plus puissante. La maladie peut être compliquée d'une anémie aiguë, d'origine centrale (défaut de production d'hématie par la moelle osseuse) mais qui reste le plus souvent modérée. Le parvovirus B19 est aussi à l’origine de certaines hépatites même si son rôle est plutôt incertain.

Il n’existe aucun traitement préventif (absence de vaccination) ni curatif spécifique pour guérir du parvovirus B19; la guérison ne peut être que le fait du système immunitaire propre à chaque individu. Un traitement antalgique est utile en cas d'atteinte articulaire.

>>> Les auteurs d’une étude publiée en Juillet 2018 dans la revue scientifique du PNAS, parmi lesquels Terry Jones, chercheur à l’Université de Cambridge et auteur principal du rapport, ont découvert la présence du parvovirus B19 sur plusieurs squelettes de l’Âge Viking provenant entre autres du Groenland, de Russie, d’Angleterre et de Suède (Gotland). Le parvovirus B19 existe depuis plusieurs milliers d’années  mais cette découverte, d’après les scientifiques, pourrait permettre à l'avenir de suivre les manifestations de cette mutation particulière du virus dans le monde et ainsi montrer jusqu'où les Vikings ont voyagé, à travers l'Europe et au-delà.

 

La sclérose en plaques

La sclérose en plaques (SEP), diagnostiquée pour la première fois en 1868 par le docteur Jean-Martin Charcot, est une maladie auto-immune qui touche des individus génétiquement prédisposés mais qui semble déclenchée par des éléments environnementaux agissant comme des facteurs de dérégulation de l'immunité, d'inflammation et de dégénérescence des nerfs. La myéline (gaine d'isolation des cellules nerveuses du cerveau et de la moelle épinière) est endommagée par des lésions qui altèrent la capacité des différentes parties du système nerveux à communiquer entre elles, et engendrent de nombreux symptômes physiques et mentaux.

Les causes de la sclérose en plaques sont imparfaitement connues. Elles associent des facteurs génétiques, des facteurs environnementaux et un facteur déclenchant de la maladie.

Cette maladie a été décrite de façon précise durant la seconde moitié du XIXe siècle mais la question reste de savoir si elle est apparue à cette époque ou si elle existait auparavant. Aucune description n'a été retrouvée chez les Egyptiens, les Grecs et les Romains mais 2 cas cliniques au Moyen Âge sont évocateurs d’une sclérose en plaques.

  • L’un concerne une hollandaise, Lidwina van Schiedam (1380-1433), dont les symptômes détaillés sous la plume de Johannes Brugman (confesseur franciscain du comte de Hollande Jan van Beieren), peuvent correspondre effectivement à une SEP.
  • L’autre cas, antérieur d’un siècle entre 1293 et 1323, est celui d’une jeune islandaise dénommée Halla, présentant 8 jours après la fête de la Vierge une cécité, de la dysarthrie et des difficultés à marcher, et dont l'état s'est amélioré 7 jours plus tard grâce à la prière, au jeûne et aux mortifications. C’est ce cas qui a conduit un neurologue américain, Charles M. Poser (The epidemiology of multiple sclerosis: A general overview, 1994) à proposer sa théorie «Viking». Selon lui, la maladie serait apparue avant le XIème siècle en Scandinavie et se serait ensuite répandue au fur et à mesure des invasions et des conquêtes des Vikings dans toute l'Europe et au-delà.

 

>>> D'après le Pr Patrick Hautecœur, neurologue et doyen de la faculté libre de médecine de l’Université catholique de Lille, passionné par l’histoire de la sclérose en plaques, "on observe une plus grande prévalence de la sclérose en plaque dans les régions où se sont installés les Vikings. Il est possible que ceux-ci aient diffusé, par le mixage des populations, des gènes de prédispositions de la maladie." (L’histoire de la sclérose en plaques, de Patrick Hautecoeur, Université Nord de France, Université catholique de Lille, Hôpital Saint Vincent de Paul, Lille 2012)

 

Le scorbut

Le scorbut n'est pas une maladie génétique, ni héréditaire. Cette maladie est due à une carence en vitamine C (acide ascorbique), qui se traduit chez l'être humain, dans sa forme la plus grave, par un déchaussement des dents et la  purulence des gencives, des hémorragies, puis la mort. Cette maladie a sévi sur terre et sur mer - le scorbut a été aussi appelé "peste de mer" -  jusqu'au XIXème siècle et reste d'actualité parmi les populations précaires ou dans des pays en développement frappés par la guerre ou la famine.

>>> En français, les termes scurbut puis scorbut apparaissent en 1604 et 1610, à partir du terme latin médical scorbutus créé en 1541. Mais scorbutus est la latinisation de termes vulgaires se trouvant dans des langues médiévales d'Europe du nord : du moyen néerlandais scorbut ou scheurbuik (de  schoren "briser, déchirer" et de bük le "ventre"),  de l'ancien suédois skorbjub, du danois scorbuck, des termes dont l'origine serait à rechercher dans le norrois et vieil islandais skyrbjugr. Le mot skyrbjurg est composé de skyr, "lait caillé", et de bjúgr, "œdème", indiquant que les manifestations de scorbut étaient attribuées à la grande consommation de lait caillé par les marins pendant leurs voyages.

Bien qu'il soit probable que le scorbut ait existé dès l'Antiquité, aucun exemple paléopathologique de scorbut antérieur au Moyen Âge n'est connu et les cas les plus anciens auxquels se réfèrent les études publiées concernent des squelettes scandinaves.

 

La variole

La variole (smallpox), surnommée petite vérole, était une maladie infectieuse d'origine virale, très contagieuse et épidémique, due à un poxvirus. Responsable jusqu'au XVIIIème siècle de dizaines de milliers de morts par an rien qu'en Europe, elle se caractérisait par une éruption vésiculo-pustuleuse d’étendue variable au visage et sur tout le corps. Il n'a jamais existé de traitement spécifique. La maladie a été totalement éradiquée en 1980 grâce à la vaccination.

L'ancêtre commun le plus récent du virus de la variole (VARV) a été daté du 16ème ou 17ème siècle. Des sources écrites font état de possibles infections de la variole datant d'au moins 3000 ans, voire d'il y a 3570 ans d'après la découverte de momies égyptiennes.

>>> Des chercheurs de l'Université de Copenhague et de l'Université de Cambridge ont trouvé de nouvelles souches de variole, en analysant l’ADN issu des dents de 13 individus infectés par cette maladie, dont 11 datés entre 600 et 1050 qui provenaient de sites funéraires de l'époque viking au Danemark, en Norvège, en Russie et au Royaume-Uni. Ils l'ont également trouvé dans plusieurs restes humains d'Öland, une île au large de la côte est de la Suède avec une longue histoire commerciale. L'équipe a pu reconstruire des génomes de virus variolique presque complets pour quatre des échantillons

Leur étude publiée le 24 Juillet 2020 dans la revue Science montre non seulement que la variole était endémique en Europe, mais qu'elle était en fait assez répandue en Europe du Nord à partir de la fin du VIIème siècle et durant l'Âge Viking. Il est d'ailleurs fort probable que le phénomène de l'expansion viking ait largement contribué à la propagation de la maladie. Les chercheurs ont également découvert que la structure génétique des virus varioliques qui circulaient à l'époque des Vikings est différente de la variole qui a provoqué la dernière grande épidémie, avant son éradication, au XXème siècle. Enfin, la variole ancienne était génétiquement plus proche des varioles animales telles que la variole des camélidés ou des gerbilles et, d'après les chercheurs, probablement moins sévère que la variole moderne.

 

Les soins médicaux à l'Âge Viking

Trépanation pratiquée à l'Âge Viking sur le crâne d'un homme qui avait survécu à l'opération, tombe de Broa, Gotland - Photo: Musée historique de StockholmÀ l'Âge Viking, il existait déjà des soins infirmiers et médicaux. Les découvertes archéologiques de squelettes ont montré que des personnes étaient en capacité d'effectuer des opérations assez avancées, telles que la trépanation qui consistait à retirer un morceau du crâne pour soulager la pression dans le cerveau après un traumatisme crânien.

Les anciens Scandinaves avaient aussi à leur disposition toute une pharmacopée allant des remèdes naturels aux surnaturels.

 

Les plantes médicinales

Il y a très peu d'informations sur les plantes médicinales utilisées à l'époque viking.

Les premiers herbiers et autres textes médicaux n'apparaissent pas avant les XIIIème et XIVème siècles, soit après l'introduction du christianisme. Tous ces derniers font état de l'influence prépondérante des croyances et pratiques continentales européennes sur la médecine, l'herboristerie et les remèdes, en particulier la théorie des "quatre humeurs" de l'école de médecine de Salerne, en Italie, qui elle-même se fondait sur les travaux du médecin grec Galien et ceux du médecin et philosophe perse Avicenne.

Le premier texte rédigé en Scandinavie traitant des plantes médicinales a probablement été l'Urtebogen ou Liber Herbarum ("Le Livre des Herbes") de Henrik Harpestreng (1164 -1244) à Roskilde au Danemark. L'herbier de Harpestreng contient des traductions de De Viribus Herbarum de Macer Floridus (vers 1090) et De Gradibus Liber de Constantin l'Africain, un médecin originaire d'Afrique du Nord, devenu moine au monastère du Mont-Cassin (1050, Salerne).

Néanmoins, il est certain que les médecins et les guérisseurs de l'Âge Viking connaissaient des remèdes à base de plantes, certains dont l'efficacité était connue de manière empirique, d'autres dont l'efficacité tenait aux propriétés magiques qui leur étaient associés.

L'Achillée millefeuille (Achillea millefolium L.)

Achillea millefolium

C'est une plante herbacée vivace très répandue dans l'hémispère Nord et l'une des plantes les plus couramment utilisées en médecine traditionnelle depuis plusieurs milliers d'années.

Les parties les plus utilisées de la plante sont les sommités fleuries pour leurs propriétés anti-inflammatoires, hémostatiques et antispasmodiques.

Les Vikings sont susceptibles d'en avoir emporté avec eux sous forme d'onguent pour soigner les plaies ou antiprurigineux contre les piqûres d'insectes. Ils l'ont aussi utilisée pour aromatiser aliments et boissons.

L'angélique officinale (Angelica archangelica)

Angelica archangelica

C'est une herbe odorante appartenant aux ombellifères, qui a été abondamment utilisée en Scandinavie.

Elle est prisée à la fois pour ses pétioles, tiges et graines très aromatiques et stimulantes comme condiment en cuisine mais aussi sans doute pour les qualités médicinales de sa racine - anticoagulante, anxiolytique, tonique de l'état général, stimulante de l'appareil digestif, et à l'action abortive.

La cochléaire officinale (Cochlearia officinalis)

Cochlearia officinalis

Autrement appelée "herbe au scorbut", c'est une plante herbacée vivace ou bisannuelle de la famille des Brassicacées. Très tolérante au sel, elle est  présente dans les zones tempérées et arctiques de l'hémisphère nord, surtout le long du littoral, sur les falaises et dans les prés salés.

Les feuilles de la cochléaire officinale, au goût âcre et piquant, sont riches en vitamine C, et c'est la raison pour laquelle les marins avaient l'habitude d'en manger pour prévenir le scorbut - d'où son autre nom. 

>>> La plante est mentionnée dans les sagas, comme par exemple la Grettis saga (chapitre 73), mais ses propriétés médicinales ne le sont pas.

Le grand plantain (Plantago major)

Plantago major

C'est une plante herbacée vivace fréquente dans les prairies, où elle résiste bien au piétinement et au pâturage.

Elle a des propriétés dépurative, diurétique, hémostatique, vulnéraire, antiallergique, anti-inflammatoire respiratoire.

>>> Le grand plantain est mentionné dans le Hávamál pour la guérison des plaies.

La jusquiame noire (Hyoscyamus niger)

Jusquiame noire

Autrefois appelée hanebane, c'est une plante herbacée toxique et dotée de propriétés analgésique, anti-inflammatoire, antipyrétique et psychotrope, qui a été utilisée en Europe depuis l'Antiquité à des fins rituelles, notamment pour entrer dans des états modifiés de conscience. Il est avéré que la jusquiame entrait dans la composition de certaines bières pour en décupler les effets de l'ivresse. 

>>> En Scandinavie, dans une tombe datant de l'Âge du Bronze, une bière aromatisée de plusieurs plantes (myrte, reine des prés, etc.), dont la jusquiame noire a été découverte.

>>> Au Danemark, à l'Âge Viking, des graines de jusquiame noire ont été retrouvées dans la fameuse "tombe de la völva" de Fyrkat.

La Reine-des-prés (Filipendula ulmaria)

Filipendula ulmaria

C'est une plante herbacée vivace mellifère, présente jusqu'en moyenne montagne.

Les sommités fleuries ont des propriétés antalgique, anti-inflammatoire, antipyrétique, iurétique, sudorifique, astringente, tonique, antispasmodique, cicatrisante, digestive. Les feuilles et les fleurs sont diurétiques, fébrifuges, antispasmodiques et antirhumatismales. Les racines et les feuilles sont astringentes, vulnéraires et détersives.

La reine des prés était utilisée en Scandinavie pour frotter l'intérieur des récipients utilisés pour la fabrication de l'hydromel et aromatiser les boissons.

La rhodiole (rhodiola rosea)

Rhodiola rosea

C'est une plante adaptogène qui pousse dans les régions froides telles l'Arctique, les montagnes d'Asie centrale, les montagnes Rocheuses, et les régions montagneuses d'Europe, qui est utilisée depuis des siècles en Scandinavie comme en Russie.

La science a depuis démontré que la consommation de sa racine a une action stimulante sur les capacités physiques et mentales: un effet anti-fatigue, une optimisation des fonctions cognitives en situation de stress, une augmentation des performances physiques, un stimulant de la réponse immunitaire. 

En Ukraine, une le?gende raconte qu’un prince du XIIIème sie?cle devait sa puissance sexuelle a? la fameuse plante.

Le pin sylvestre ?(Pinus sylvestris

Pin sylvestre

L’écorce de pin sylvestre s'inscrit dans les anciennes traditions scandinaves comme une source indispensable de vitamine C et fut parfois la seule source alimentaire disponible durant les périodes de grandes famines. L’écorce était séchée et réduite en une sorte de farine dont on faisait un pain d’écorce. 

"Au temps des Vikings, on fabriquait du pain avec ou sans levain, de différentes tailles, sous forme de petits pains ronds de 5 centimètres de diamètre, ou de plus grandes miches pouvant atteindre 18 centimètres. Les pains étaient le plus souvent minces, entre 0,5 et 1,5 centimètre d’épaisseur, et le plus souvent ronds (on a aussi trouvé des miches ovales ou rectangulaires). Le principal ingrédient du pain était l’orge à six rangs (escourgeon) qui, au temps des Vikings, était la céréale la plus fréquemment cultivée en Scandinavie. Les autres graines étaient le seigle, l’épeautre, l’avoine et le lin, ou même les pois qui pouvaient être mélangés à la farine du pain. On ajoutait parfois de l’aubier de pin, riche en vitamine C, ce qui protégeait contre le scorbut." (Ch. 6, Au temps des Vikings de Anders Winroth, éd. La Découverte).

 

Les remèdes à base d'alcool

Photo: Lofotr, musée viking à Borg, dans les îles LofotenLa bière consommée par les Vikings contenait un certain nombre d'additifs. Outre le fait de développer d'autres saveurs et d'obtenir une meilleure conservation, ces additifs permettaient de tuer les bactéries et accordaient au breuvage leurs propriétés médicinales.

Il s'agit d'ingrédients naturels très variés, comme le houblon, le genévrier, la menthe-coq (Tanacetum balsamita), le lierre terrestre (Glechoma hederacea), ou le gruit qui désigne un mélange de plantes composé le plus souvent de piment royal ou myrte des marais (Myrica gale), d'achillée millefeuille (Achilea millefolium), de lédon des marais ou lédum palustre (Rhododendron tomentosum), toutes utilisées au Danemark, en Allemagne du Nord et en Angleterre.

L’hydromel est une autre boisson alcoolisée, à base d’eau, de miel et de levures (celles qui se trouvent dans le miel ou celles ajoutées dans la préparation) très ancienne. Elle était considérée comme étant d'essence divine dans les croyances de l'Âge Viking, et ce d'autant plus qu'elle fut probablement prisée pour ses vertus médécinales. Si aucune étude ne s'est véritablement penchée sur le sujet, l'hydromel recèle néanmoins tous les bienfaits du miel, connu pour ses propriétés antiseptiques et antibiotiques. Un breuvage divin et médicinal dont la composition pouvait là aussi, s'enrichir d'herbes et d'épices avec d'autres propriétés.  

 

Les divinités guérisseuses

Les invocations étaient susceptibles d'être adressées à n'importe quelle divinité du panthéon nordique, sous la protection desquelles les individus se plaçaient en arborant notamment des amulettes à l'image de la divinité ou figurant un de ses attributs comme le marteau de Thor. Mais certaines d'entres elles avaient plus spécifiquement pour fonction de protéger et de soigner; ces divinités sont des déesses, hypostases de Frigg, l'épouse du dieu Odin.

  • Eir, dont le nom signifie "celle qui aide".

Dans l'Edda de Snorri, Eir n'est mentionnée que brièvement, désignée d'abord comme déesse guérisseuse dans la Gylfaginning (ch.35): "La troisième [déesse] est Eir. Elle est la meilleure de tous les médecins", puis citée comme une valkyrie parmi d'autres dans le Skáldskaparmál (ch. 75). Or les valkyries avaient le pouvoir de ressusciter les morts et de guérir.

Dans le Fjölsvinnsmál (st. 38) - un poème probablement composé au XIIème siècle, rattaché à l'Edda Poétique et à plusieurs manuscrits du XVIIème siècle - Eir figure parmi les vierges qui sont assises sur le mont nommé Lyfjaberg ("Montagne de la guérison"), et au service de Menglöð, un autre nom pour désigner la déesse Frigg.

  • Hlin, dont le nom signifie "celle qui protège".

Dans les Thulur, Hlin est citée comme la déesse que Frigg envoie pour protéger les hommes en danger et la tenir informée de leurs demandes. Hlin conseille aussi Frigg sur la façon d'y répondre. 

Dans la Völuspá (53), Hlin semble n'être qu'un autre nom de Frigg

  • Frigg, dont le nom signifie "bien-aimée"

Frigg est la déesse principale des ases, épouse du dieu Odin. Déesse de l'amour et notamment protectrice de la maternité, elle posséde la connaissance du destin de chaque être et est associée à la guérison par ses servantes et hypostases Eir et Hlin. Elle est appelée auprès des agonisants, afin de faciliter le passage entre la vie et la mort.

Les invocations pouvaient être accompagnées d'offfrandes votives ou de sacrifices d'animaux dans le but d'influencer favorablement les puissances divines. La nature du don devait se trouver en rapport avec la faveur attendue. Vêtements, ustensiles du quotidien, figurines sont susceptibles d'avoir formé autant d'ex-voto possibles ou d'offrandes pars pro toto (la partie pour le tout). 

 

Les inscriptions runiques de guérison

Le scalde guerrier et guérisseur, Egill Skallagrímsson, sculpture de Marie Carl Nielsen (1963) à Borgarnes dans le parc public Skallagrímsgarður (Islande)Les sources littéraires comme les sagas et l'Edda font état de l'utilisation d'inscriptions runiques comme vecteurs de protection, de guérison, ou de conjuration.

D'après le Rúnatal, une section du poème Hávamál, la découverte des runes est attribuée au dieu Odin: ce dernier resta suspendu à l'Arbre Monde, l'Yggdrasil, après avoir été transpercé par sa propre lance, Gungnir, durant 9 jours et 9 nuits, afin d'acquérir la sagesse nécessaire à l'exercice du pouvoir dans les 9 mondes, ainsi que la connaissance des choses cachées - dont les runes, qu'il offrit aux hommes. Le mot même rúna signifie "secret". La connaissance des runes autant que l'art de les graver, a fortiori pour guérir un individu, étaient l'apanage des scaldes et des artisans graveurs.

La saga d'Egill, fils de Grímr le Chauve, composée en Islande dans la première moitié du XIIIème siècle, illustre à la fois le mauvais usage des runes et leur pouvoir de guérison. Alors qu'il traversait la province du Värmland, située aux confins de la Norvège et de la Suède, le scalde Egill guérit à l'aide de runes la fille d'un paysan qui était atteinte d'une longue maladie. Pour ce faire, il commença par gratter l'inscription en forme de Manrúnar (ou runes d'amour) qu'un jeune homme des environs avait maladroitement gravées sur un morceau de fanon de baleine, puis il traça de nouvelles runes sur le même support, si bien que la jeune fille sortit de son état de langueur et fut guérie.

Fragment de crâne de 8,2 cm de long découvert à Ribe comportant une inscription runique qui demande l'aide d'Odin - Photo: Musée national de  CopenhagueDes inscriptions runiques de guérison ont été retrouvées sur différents supports comme le fragment d'un crâne à Ribe (Danemark, 800 - DR EM85;151B), une amulette à Sigtuna (Suède, 1000 - U Fv1933;134) ou encore un os à Dublin (Irlande, date? - IR 10). 

L'une des plus longues inscriptions de conjuration, 143 runes, figure sur une amulette en cuivre découverte à Södra Kvinneb (Suède, 950-1100 - Öl SAS1989;43) : "Je cache ici sous le dieu de la suie (dans les cendres du foyer?); moi, Bofi, je transporte dans ma peau une plaie purulente - Toi qui sais, dieu de la suie, où se trouve le Chatoyant - Chasse le mal (du corps) de Bofi! Puisse Thor le garder du  marteau avec lequel il frappe Amr. Puisses-tu être dans la détresse, Amr! Va-t-en, être malfaisant! La détresse quitte Bofi, le bien est en-dessous et au-dessus de lui."

Même après la fin de l'Âge Viking, lorsque toute la Scandinavie fut christianisée, les inscriptions runiques de guérison continuèrent à être utilisées, sans qu'il soit possible de déterminer précisemment s'il s'agit d'une survivance des anciennes croyances ou non. En cela, elles ont permis d'éclairer les pratiques antérieures.

Les formules chrétiennes sont presque toujours rédigées en latin, qu'il s'agisse d'exorciser un démon, un revenant ou de guérir d'une maladie.

  • L'une des plus longues inscriptions runiques en latin fut découverte sur une tablette en plomb à Blaesinge (Danemark - SI04, Z). C'est une conjuration au nom de la Trinité divine invitant 7 soeurs (7 fléaux?) à épargner le chrétien: "Vous, les 7 soeurs, ... Ellffrica, Affricea, Soria, Affoca, Affricala, je vous conjure et vous invoque au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit: ne venez pas tourmenter ce serviteur de Dieu ni dans ses yeux ni dans ses membres ni dans sa moelle, ni dans une articulation de ses membres et que la puissance du CHrist, le Très Haut, vous habite! Voici la croix du Christ! Fuyez, forces hostiles..."

 

  • Une autre plus longue encore, formée de 337 runes, figure sur le baton runique de Ribe (Danemark, vers 1300 - M65). Le graveur semble s'identifier au médecin et s'adresse tantôt au malade, tantôt au mal qu'il est chargé d'expulser.: "Je prie la terre de prendre garde, et le ciel qui est en haut, le soleil et Sainte Marie, et le Seigneur Dieu lui-même, afin qu'ils me donnent la main qui soigne et la langue qui guérit, pour guérir 'la tremblante', quand elle a besoin de guérison. Hors du dos et hors de la poitrine, hors du corps et hors des membres, hors des yeux et hors des oreilles, hors de partout où le mal peut pénétrer. Il y a une pierre qui se nomme Noire, elle dresse dans la mer. Sur elle se tiennent neuf Nécessités. Elles ne doivent ni dormir agréablement, ni veiller au chaud tant que tu n'auras pas obtenu guérison de ce (mal) pour lequel j'ai (tracé en) runes des formules à prononcer. Amen. Ainsi soit-il."

 

Sources

 

Articles connexes sur Idavoll

 

Rédaction, traduction et mise en page: Kernelyd. Créé le 19/06/2018 - Mis à jour le 15/12/2023.

  • 1 vote. Moyenne 5 sur 5.

Ajouter un commentaire