Reconstitution et interactivité
De nombreux films et des séries populaires sont consacrés aux Vikings, preuve s'il en est, qu'ils passionnent vraiment les gens comme l'affirme le président. "Ils sont passés partout en Europe, donc il est pertinent de leur consacrer un musée, d'autant plus que le plus près se trouve à York, en Angleterre. Ornavik souhaite attirer toute l'Europe du Sud impactée par les Vikings", a-t-il expliqué.
Néanmoins, un centre d'interprétation n'est pas tout à fait un musée. "Dans un musée, on ne peut pas toucher. On fait des recherches, on trouve un objet qu’on expose ensuite. Mais pour l’histoire des Vikings, nous n’avons retrouvé aucun vestige en Normandie. Nous allons donc fabriquer les objets que nous exposerons", précise Christian Sébire.
En outre, des scénographes planchent sur le sujet pour intégrer des outils numériques au service d'une expérience immersive. "On souhaite que ce soit vraiment pédagogique, avec un côté olfactif, sensoriel, accessible à tout public", souligne Pascale Crochemore, la directrice du parc.
L’un des objectifs de ce futur centre est de déconstruire les mythes autour des Scandinaves et des Vikings. L'exposition permanente et interactive, qui va retracer l’histoire des anciens Scandinaves dans le monde et en Normandie, du VIIIème siècle au XIème siècle, pourra occasionnellement être complétée par des expositions temporaires présentant des aspects particuliers de l'époque ou des objets archéologiques prêtés par des musées.
Entre modernité, respect de l'environnement et tradition viking
C'est le projet des architectes du cabinet parisien HEMAA qui a été retenu par l'association. Un bâtiment atypique fait de bois, de terre et de chaume conjugant, conformément au souhait formulé par Ornavik, modernité, respect de l'environnement et méthode de construction viking.
Telle une invitation à entrer dans le lieu, la façade, à l'esthétique épurée, très contemporaine, donne à voir grâce à ses grandes baies vitrées le hall d'accueil, le patio, la boutique et le restaurant qui viennent complèter l'espace d'exposition et ses ateliers pédagogiques.
A contrario, l'arrière du bâtiment, inspiré par l'un des modes de construction traditionnelle viking, est semi-enterré. "Depuis le parc, au contraire, le soulèvement du sol enveloppe la construction. Le sol devient le toit du bâtiment", décrivent les architectes dans leur projet.
Le centre d'interprétation dont "la toiture généreusement végétalisée et les murs épais en pisé assurent une isolation thermique remarquable et un très faible bilan carbone", écrivent-ils encore, disparaît ainsi du champ de vision du visiteur en se fondant dans le paysage, comme pour mieux laisser libre cours à la découverte du parc.
Un véritable voyage dans le temps
"Avec les 180 bénévoles du parc qui reproduisent la vie à l’époque des Vikings, les visiteurs se retrouveront propulsés dans le passé, pour découvrir ou redécouvrir l’histoire des Vikings", conclut Christian Sébire.
Accessible à tous par des rampes douces, le toit du centre d'interprétation à 5 mètres de hauteur, pourra constituer le point final du parcours de visite en offrant un point de vue sur l'ensemble du site.
Le budget du projet s’élève à 12,5 millions d'euros, dont 80 % financés par la ville d’Hérouville Saint-Clair, Caen la mer, le Département du Calvados, la Région Normandie et l’Europe. 20 % sont financés par le Parc Ornavik.
Le parc historique, séduit par cette architecture intemporelle conçue par l'HEMAA tel un "lien entre les constructions du IXème siècle et celles du XXIème", espère ouvrir les portes de son centre d'interprétation viking en 2026, ce qui lui permettra par la suite de rester ouvert toute l'année.