Les archéologues sont actuellement à la recherche d'un cimetière viking dans la légendaire colonie de Truso, fondée au VIIIème siècle par les Danois près de Janów Pomorski, en Pologne.
Du VIIIème au début du XIème siècle,Truso fut une importante ville portuaire de la mer Baltique et une cité commerciale viking où se vendaient des produits artisanaux spécifiques, tels que toutes sortes d'objets forgés sur place, des bijoux, de l'ambre et des cornes. Wulfstan de Hedeby, un voyageur anglosaxon, en fit une description détaillée vers 890 traduite en vieil anglais par le roi Alfred le Grand.
Malgré cela, l'emplacement du site se perdit dans la nuit des temps, tant et si bien que les historiens en vinrent à considérer cette colonie viking comme un lieu légendaire. Depuis le début du XIXème siècle, les chercheurs n'eurent de cesse de tenter de la localiser.
Une superficie de 20 hectares
Le Dr Marek Jagodziński du Musée d'Archéologie et d'Histoire d'Elbląg lança, au début des années 1980, ses propres recherches sur la rive orientale du lac Drużno, à quelques kilomètres au sud d'Elbląg. L'emplacement de la ville fut confirmé, après quelques années de fouilles, par la découverte de nombreux objets d'origine scandinave et des datations dendrochronologiques. Les investigations qui suivirent, permirent de révéler les délimitations du port viking, des quartiers artisanaux, commerciaux, et résidentiels qui couvraient au total une superficie de 20 hectares entourée de fortifications défensives.
Depuis lors, Truso est l'un des centres commerciaux vikings les mieux étudiés de la mer Baltique.
Toutefois, les recherches dans la région de Janów Pomorski ne sont pas pour autant terminées. Malgré plusieurs décennies de travail sur le terrain, les archéologues ne sont toujours pas parvenus à déterminer l'emplacement du cimetière où les habitants de la colonie étaient enterrés.
Par conséquent, de nouvelles investigations sont en cours pour tenter de le trouver. Elles sont menées dans le cadre d'un projet co-financé par le programme de coopération transfrontalière Pologne-Russie 2014-2020, intitulé The Baltic Odyssey. "Nous supposons que la nécropole était située au sud-ouest de la colonie. C'est ce qui ressort des découvertes faites au XIXème siècle lors des travaux de nivellement de la zone pour de nouvelles constructions. À cette époque, les constructeurs sont tombés sur de nombreux fragments de récipients en argile, des cendres, du charbon de bois et même des restes de squelettes d'un homme et d'un cheval", a expliqué le Dr Jagodziński, qui dirige également ce nouveau projet de recherche à Truso.
Deux maisons et potentiellement cinq crânes humains
La technologie moderne est venue au secours des archéologues. Ils ont pu en effet utiliser un géoradar, ou radar à penétration de sol, en mai et juin. Les premiers résultats sont prometteurs, mais soulèvent encore plus de questions que de réponses, d'après Jagodziński.
Deux structures plus grandes ont été détectées - il s'agit probablement des contours de bâtiments mesurant 5 mètres sur 10 [en pointillés sur la photo]. Une taille typique, a rappelé le Dr Jagodziński, des maisons vikings découvertes dans d'autres parties de la colonie.
Non loin de là, les chercheurs ont enregistré 5 petites anomalies circulaires alignées les unes à côté des autres. "Lorsque le géoradar a mis en évidence des données de ce type dans d'autres sites archéologiques, il s'est avéré lors des fouilles qu'il s'agissait de crânes humains. Peut-être en va-t-il de même dans le cas présent", a confié le chef de projet, en soulignant que la recherche géophysique a été sérieusement entravée par tous les bâtiments dans la région. La réponse à cette question devra donc attendre les fouilles prévues en Septembre.
Des sépultures de différentes formes
" La découverte de contours que nous présumons être des maisons lors de la recherche ne prouve pas nécessairement que notre hypothèse sur l'emplacement du cimetière est erronée. Nous ne pouvons pas exclure qu'elles proviennent d'une période différente", a prudemment suggéré Jagodziński.
Les archéologues ont également effectué des forages, avec des "tuyaux" d'un diamètre de quelques centimètres, qui permettent de sonder les dépôts en profondeur dans le sol. Leur contenu - sous forme d'argile, de charbon de bois, de fragments de céramique, indique qu'une activité humaine s'est maintenue dans ce lieu durant le Moyen Âge. Cependant, aucun reste de matériel osseux n'a été trouvé.
Quoi qu'il en soit, Jagodziński s'attend à ce que les sépultures prennent différentes formes sur le site de Truso. Les Danois, en règle générale, brûlaient leurs morts sur un bûcher, ce qui était lié à la riche mythologie scandinave. Mais dès le IXème siècle, le christianisme s'est répandu dans les comptoirs commerciaux vikings. Ceci est attesté par des découvertes sous forme de croix métalliques ou de récipients liturgiques utilisés pour la célébration de la messe. Par conséquent, d'après l'archéologue, il ne serait pas suprenant de mettre au jour dans le cimetière de Truso des tombes avec des squelettes entiers.
Jusqu'à son déclin au XIème siècle, Truso avait des contacts commerciaux avec presque toute l'Europe. Puis les nouvelles puissances féodales se sont renforcées. Les cités situées au bord de la mer ou des cours d'eau ont commencé à gagner en importance. Le Dr Jagodziński pense que de nombreuses personnes ont délaissé Truso au profit d'une nouvelle colonie correspondant à l'actuelle ville de Gdańsk.
Lorsque les archéologues découvrent des adultes et des enfants enterrés ensemble dans des tombes datant du début du christianisme en Scandinavie, on suppose souvent qu'ils appartenaient à la même famille. Une nouvelle étude de l'Université de Stockholm suggère le contraire.
Des chercheurs de l'Université de Stockholm ont analysé l'ADN de 142 individus du Xème au XIVème siècle, parmi lesquels plus de 60 enfants et adolescents, issus de 27 sépultures individuelles et 50 sépultures collectives mises au jour à Sigtuna, près de Stockholm, à Västerhus dans le Jämtland et à Fjälkinge en Scanie.
Les résultats montrent que les liens de parenté biologique étroits (de premier ou deuxième degré) étaient étonnamment rares parmi les personnes enterrées dans une même tombe, y compris dans les cimetières où des niveaux élevés de parenté ont pu être détectés.
"On suppose souvent que les adultes et les enfants partageant une même tombe étaient des parents et leurs enfants ou d'autres membres proches de la famille. Dans la plupart des cas, ce n'est pas ce que nous avons constaté", déclare Maja Krzewińska, du Centre de paléogénétique du département d'Archéologie et d'Études classiques de l'Université de Stockholm, auteure principale de l'étude.
Les conclusions des chercheurs, récemment publiées dans la revue scientifique Science Advances, suggèrent plutôt que des facteurs autres que les liens familiaux étroits ont souvent influencé le choix des personnes enterrées ensemble.
La découverte d'un squelette dans le sud du Groenland a permis d'identifier les vestiges d'une église jusqu'alors inconnue. Le lieu de culte date de l'époque de la colonisation viking et se trouve à côté de Brattahlíð, résidence d'Erik le Rouge.
Les fouilles menées à Qinngua, non loin de Narsarsuaq, dans les années 1970, puis 2004, avaient révélé des vestiges typiques d'une église médiévale - c'est-à-dire un complexe de forme carrée composé d'un mur d'enceinte en pierre avec un bâtiment au centre - sans pour autant permettre aux archéologues de confirmer de manière certaine la nature du site en l'absence de toutes traces d'un cimetière.
Mais grâce à de nouvelles méthodes de recherches, parmi lesquelles la cartographie de ces ruines et de leur environnement par des drones, un squelette a été mis au jour par les archéologues au cours du mois d'août 2026. Sa position, avec la tête orientée à l'ouest et les pieds vers l'est, confirme qu'il a été enterré suivant la tradition chrétienne.
"C’est, pour ainsi dire, 'le coup de grâce'. Les rites funéraires inuits sont différents: le défunt est placé dans des chambres de pierre sous des amas de pierres, tandis que les Vikings sont enterrés en terrain consacré dans l'enceinte des églises", explique Konrad Smiarowski, chercheur au Musée universitaire de Bergen et co-responsable du projet.
Un remarquable cimetière millénaire a été mis au jour dans le comté d'Innlandet, à Hamar. Les tombes, parmi lesquelles plusieurs fosses communes où sont enterrés ensemble adultes et enfants, pourraient dater des premiers temps du christianisme dans une région pourtant réputée hostile à la conversion.
L'église qui se dressait au Moyen Âge à Valum, près de Ridabu, un village de la municipalité de Hamar, dans l'est de la Norvège, fut abandonnée dès 1590. Le cimetière était connu, mais son emplacement exact n'a été révélé qu'à l'automne 2020, lorsque le Conseil du comté d'Innlandet a été informé de la présence d'ossements humains découverts par un amateur de détection de métaux.
Les relevés archéologiques effectués à l'automne 2021 ont montré que les squelettes situés le plus haut, directement sous la couche arable, étaient fragmentés et mal conservés, détruits par l'activité agricole, tandis que ceux situés plus profondément semblaient beaucoup mieux conservés.
Quinze squelettes ont finalement été mis au jour lors des fouilles menées sur le site durant le mois d'août 2026. "C’est bien plus que ce à quoi nous nous attendions d’après les premières investigations", a déclaré Aksel Haavik, archéologue de l'Institut norvégien de Recherche sur le Patrimoine culturel (NIKU).
Une quantité record d'argent a été mise au jour par un amateur de détection de métaux dans la région du Päijät-Häme, au sud de la Finlande. Il s'agit à ce jour de la plus importante découverte dans le pays datée de la fin de l'Âge du Fer, c'est-à-dire l'époque viking.
Le jeudi 3 septembre 2026, Kalle Lappinen, passionné de détection de métaux, a découvert les premières pièces d'un important trésor monétaire en argent dans la forêt près de la petite ville lacustre de Sysmä.
"Au début, il y a eu un sentiment d'incrédulité. On déterre tellement de choses d'après des signaux provenant de gisements métalliques que lorsqu'on finit par trouver un réel objet, c'est toujours une petite surprise. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des trouvailles sont des déchets ou des gisements métalliques", a confié le découvreur.
Dès le lendemain, Esko Tikkala, archéologue au musée régional de Lahti, a inspecté le site et supervisé la récupération du trésor.
Un danois de Rebild, dans le Jutland du Nord, a fait une découverte spectaculaire alors qu'il aménageait une terrasse dans son jardin : plus de 18,5 kilos d’argent enfouis dans le sol. Il s’agit du plus important trésor d’argent de l’époque viking jamais trouvé au Danemark.
Ce trésor est presque trois fois plus important, a déclaré le Nordjyske Museer (Musée historique du Jutland du Nord) dans un communiqué de presse, que le plus grand trésor d'argent de l'Âge Viking découvert à ce jour dans le pays - le trésor de Terslev, d'un poids d'environ 6,5 kilogrammes, sur l'île de Seeland en 1911.
Caché dans le sol dans un récipient en argile au cours du IXème siècle, le trésor de Rebild se compose d'environ 700 objets et divers morceaux d'argent. Parmi de nombreux lingots, se trouvent également des bracelets, 47 pièces de monnaie entières et des pièces découpées, ainsi qu'un petit marteau de Thor.
"Cette découverte est capitale pour notre compréhension de l'Âge Viking au Danemark. Non seulement en raison de son importance, mais aussi parce que ce trésor illustre parfaitement le rôle de l'argent comme symbole de richesse et moyen de paiement à cette époque. C'est comme découvrir un coffre-fort de l'époque viking", a déclaré Torben Sarauw, responsable du patrimoine culturel et archéologue au Nordjyske Museer.
La tombe d'une femme du VIIIème siècle a été mise au jour par Arkæologi Vestjylland à Skonager, dans le Jutland occidental. Les dents et les fragments de tissu, exceptionnellement bien conservés, pourraient révéler de précieuses informations sur la tenue qu'elle portait et d'autres aspects de la vie à l'époque viking.
La sépulture ARV 661 se trouve à Skonager, une localité rurale près de la ville de Varde. Il s'agit de la tombe d'une femme enterrée dans un cercueil placé dans une fosse, sa tête reposant sur un coussin de pierre.
Mais le plus remarquable, ce sont deux broches en bronze ou en argent, appelées broches tortues, découvertes avec plusieurs fragments de tissus. Lise Ræder Knudsen, spécialiste des textiles anciens, est en charge de l'analyse des textiles, avec le soutien de la Fondation Agnes Geijers.
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