Norvège - D'exceptionnelles tombes de femmes du début de l'Âge Viking mises au jour à Fitjar
Norvège - D'exceptionnelles tombes de femmes du début de l'Âge Viking mises au jour à Fitjar
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Un site funéraire datant du début de l'Âge Viking a été découvert sur une petite butte rocheuse de la côte ouest norvégienne, à Fitjar. Les riches et remarquables artefacts mis au jour par les archéologues leur permettent de retracer l'histoire des femmes fortunées enterrées là avec magnificence, il y a 1200 ans.
Ce sont des amateurs de détection de métaux du Bjørgvin Metalldetekorklubb qui ont trouvé en 2023 une pièce de monnaie et une broche avec des fragments de tissu au lieu-dit Skumsnes, sur la commune de Fitjar, dans le comté de Vestland. Ils ont immédiatement contacté les archéologues de l'Université de Bergen, lesquels ont confirmé que ces artefacts provenaient certainement d'un site funéraire de l'Âge Viking.
Grâce à un financement de la Direction du Patrimoine Culturel de Norvège (le Riksantikvaren), trois tombes ont été fouillées cet automne, mais il pourrait y avoir une vingtaine de sépultures à explorer.
"De nombreuses personnes enterrées là étaient parées de bijoux précieux. Il est remarquable de trouver un cimetière avec des objets aussi bien conservés.Du point de vue de la recherche, c’est un petit trésor", a déclaré Søren Diinhoff, archéologue du Musée universitaire de Bergen.
Trois femmes et une grande ferme
Les tombes fouillées sont celles de trois femmes qui vécurent au début de l'Âge Viking, dans la première moitié du IXème siècle.
À cette époque, il y avait une grande ferme à Skumsnes qui appartenait probablement à un roi local dont le pouvoir s'étendait peut-être à l'échelle de toute une région de l'ouest de la Norvège. "En dessous du niveau des domaines royaux se trouvent des fermes stratégiques telle que Skumsnes", souligne Søren Diinhoff.
Son emplacement le long de la côte rendait probablement le site attrayant pour des voyageurs à la recherche d'un port sûr. "Au nom du roi, on fournissait un abri aux navires de passage, ce qui générait probablement des revenus supplémentaires", avance-t-il pour expliquer pourquoi les tombes sont ici plus riches que d'ordinaire.
46 perles de verre et 11 pièces d'argent
Une des femmes a été enterrée dans une crevasse naturelle de la roche, recouverte ensuite de pierres - une forme d'inhumation qui, selon Diinhoff, n'a rien d'inhabituelle le long de la côte à l'époque viking.
Dans cette tombe, les archéologues ont découvert des bijoux, une broche de forme triangulaire en mosaïque de verre et émail doré provenant d'Irlande ou d'Angleterre et des broches tortues caractéristiques de l'époque viking que les femmes utilisaient pour attacher leurs robes-tabliers.
Des restes du mobilier funéraire ont été retrouvés à l'extérieur et autour de la tombe, ce qui suggère que la sépulture a déjà été ouverte par le passé.
L’autre tombe, avec des pierres disposées en forme de bateau, est celle d'une femme d’un rang supérieur. Sous les pierres, la présence de rivets révèle l'empreinte d'un bateau-tombe de 4 mètres de long.
Cette sépulture contenait également des broches tortues et d'autres bijoux, parmi lesquels un collier composé de 46 perles de verre et de 11 pièces d'argent.
Une découverte remarquable
L'une des pièces en argent est une monnaie très rare provenant des villes danoises de Hedeby ou Ribe. Elle a été frappée dans le sud du Danemark entre 820 et 840 de notre ère. "Cette pièce est peut-être la découverte la plus remarquable ici. Je compte me la faire tatouer cet hiver", confie Søren Diinhoff.
Les autres pièces semblent être des monnaies carolingiennes. Elles datent également de la même époque mais proviennent de l'Empire franc, ce qui suggère que la femme avait des liens avec le continent.
"Ces deux femmes avaient des contacts en dehors de la Norvège. Ce n'est probablement pas une coïncidence. Peut-être qu'elles venaient de l'étranger et qu'elles se sont mariées avec des membres de la communauté locale", hypothèse l'archéologue.
De la production textile
La femme dans le bateau-tombe n'a pas seulement été enterrée avec de beaux bijoux. Il y avait également des ciseaux à laine, une carde, un fuseau et une épée à tisser, tous des objets nécessaires à la production de textiles.
Aussi, les archéologues pensent qu'elle était chargée de ce type de travaux à la ferme. "La production textile était prestigieuse. Les fermes qui produisaient de beaux vêtements jouissaient d’un statut élevé", précise Søren Diinhoff.
Par ailleurs, cette femme a été inhumée avec une clé en bronze qui signifie, d'après lui, qu’elle jouait également le rôle de chef de famille.
Une pierre vulvaire à la place du mât
Aucune des tombes ne contient de restes humains. C'est un problème que rencontrent souvent les archéologues dans l'ouest de la Norvège où la nature du sol ne permet pas la conservation du matériel osseux.
Néanmoins, les perles de verre et les pièces de monnaie qui formaient un collier ont été retrouvées au-dessus d'une masse organique sombre, comme si elles avaient été placées à l'intérieur d'une pochette en cuir plutôt que de servir de parure à la défunte.
Søren Diinhoff et ses collègues se demandent donc si la tombe ne serait pas un cénotaphe - une tombe vide qui sert de mémorial. Et ce d'autant plus qu'ils ont fait une autre découverte. "C'est un petit détail, mais c'est incroyablement intéressant", annonce Diinhoff.
Au milieu du bateau-tombe, une pierre marque l'emplacement du mât. Lorsque les archéologues l'ont retournée, ils ont constaté qu'elle ressemblait à une "pierre vulvaire", c'est-à-dire une pierre avec la forme des organes génitaux féminins. "Le fait que la pierre ressemble à une vulve de femme n'est pas une coïncidence. C'est tellement évident", soutient-il.
La théorie selon laquelle elle aurait été placée là pour symboliser la femme qui n'a peut-être pas été enterrée dans cette tombe pourrait en effet expliquer la raison pour laquelle les objets n'ont pas été trouvés sur un squelette.
Tout un cimetière sous la tourbe
La troisième tombe n'a pas été entièrement fouillée. Les archéologues ont tellement été accaparés par les nombreuses découvertes dans les deux premières qu'ils ont manqué de temps.
Ils ont cependant réussi à récupérer un certain nombre d'objets, parmi lesquels 20 perles et les restes d'un bijou plaqué en argent.
Ils ont également identifié deux autres tombes et estiment, grâce aux détecteurs de métaux, qu'il pourrait y en avoir une vingtaine sur le site. "Le cimetière se trouve juste sous la tourbe. Les signaux étaient si forts que nous pouvions presque localiser les broches", rapporte Søren Diinhoff.
Des tombes qui risquent de disparaître d'ici 50 ans
En plus du site de Skumsnes, les archéologues du Musée universitaire de Bergen ont fouillé quatre sépultures de l'époque viking à Berstad, dans la municipalité de Stad. "En un an, nous avons fouillé plus de tombes de l'époque viking que nous ne le faisons normalement en dix ans", constate Diinhoff.
Si le hasard leur permet de faire certaines découvertes, une grande partie d'entre elles sont dues aux passionnés de détection de métaux. Aussi, selon lui, il faudrait procéder à davantage de fouilles de ce type, les sépultures de l'époque viking étant généralement plus faciles à repérer en raison des objets qu'elles contiennent.
"Mais lorsque les gens les trouvent sur leur propriété, ils restent la plupart du temps silencieux. Cela arrive très souvent ", déplore-t-il. "Quand nous arrivons enfin sur place, nous apprenons souvent qu'une sépulture a été découverte il y a des années, mais qu'elle a tout bonnement été labourée. Nous perdons ainsi un nombre considérable de ces tombes".
Une idée fausse circule selon laquelle il serait coûteux de les faire examiner, mais Søren Diinhoff assure que ce n'est pas le cas puisque le gouvernement norvégien prend en charge les frais. S'il estime qu'il est bénéfique que certaines restent intactes pour être fouillées dans 50 ans grâce à des méthodes qui permettront de découvrir encore plus de choses qu'aujourd'hui, il craint d'un autre côté que beaucoup d'entre elles ne tiennent pas d'ici là étant donné qu'elles se trouvent à une faible profondeur, juste à la limite de la couche de terre arable.
Entre bijoux et moyens de paiement
Unn Pedersen, archéologue à l'Université d'Oslo, est une experte de l’Âge Viking qui a étudié les bijoux, l’artisanat et les objets décoratifs de cette période.
À ses yeux, la pièce de monnaie de Hedeby constitue en soi une découverte passionnante: "Une pièce d’argent comme celle-ci sur un collier de perles montre que l’Âge Viking fut une période de transition". Une nouvelle forme de commerce est apparue, mais l'échange de cadeaux était encore prédominant en Scandinavie. Par conséquent, l'argent de cette période se retrouve sous de nombreuses formes différentes.
"Pour la femme enterrée ici, ce bijou avait peut-être une plus grande valeur. Il pouvait raconter une histoire au sujet de son identité et du réseau auquel elle appartenait", explique la spécialiste, avant d'ajouter: "Une discussion est en cours sur la signification de cet argent. Dans ce cas, la pièce de monnaie est devenue un bijou et a été enterrée dans une tombe. Mais elle aurait tout aussi bien pu être découpée et utilisée comme moyen de paiement".
Le travail du textile, source d'enrichissement des femmes
Un autre bijou retrouvé dans cette tombe provient du détournement d'un artefact. Il s'agit d'une garniture de baudrier carolingien qui a été transformée en broche trilobée.
"Cela montre de quelle façon de l’équipement militaire français a été transformé en bijoux en Scandinavie. Au début, les accessoires ont été réutilisés et modifiés, comme c’est le cas ici. Mais au fil du temps, des bijoux inspirés de ce design ont commencé à être produits localement", souligne Unn Pedersen.
Ce type de broche est devenu populaire auprès des femmes à l'époque viking. Les premiers modèles imitaient les motifs végétaux des ornements d'origine carolingienne, alors que par la suite les motifs animaliers, davantage prisés dans les régions nordiques, sont devenus prédominants.
Les tombes de Skumsnes sont, d'après l'experte, des exemples typiques de sépultures pour des femmes fortunées de l'époque viking, caractérisées par une combinaison de bijoux et d'outils textiles. "Si elles n’étaient pas membres de l’élite, ces femmes étaient certainement très haut placées dans la hiérarchie sociale et économique", certifie-t-elle.
Outils et bijoux reflètent non seulement le rôle des femmes dans la société d'alors, mais ils évoquent aussi une réalité: l'augmentation du commerce et de la demande en voiles de navire et de textiles qui ont offert des opportunités aux femmes. "Grâce au travail du textile, les femmes ont pu, au début de l’Âge Viking, accumuler des richesses", conclut Pedersen.
Lorsque les archéologues découvrent des adultes et des enfants enterrés ensemble dans des tombes datant du début du christianisme en Scandinavie, on suppose souvent qu'ils appartenaient à la même famille. Une nouvelle étude de l'Université de Stockholm suggère le contraire.
Des chercheurs de l'Université de Stockholm ont analysé l'ADN de 142 individus du Xème au XIVème siècle, parmi lesquels plus de 60 enfants et adolescents, issus de 27 sépultures individuelles et 50 sépultures collectives mises au jour à Sigtuna, près de Stockholm, à Västerhus dans le Jämtland et à Fjälkinge en Scanie.
Les résultats montrent que les liens de parenté biologique étroits (de premier ou deuxième degré) étaient étonnamment rares parmi les personnes enterrées dans une même tombe, y compris dans les cimetières où des niveaux élevés de parenté ont pu être détectés.
"On suppose souvent que les adultes et les enfants partageant une même tombe étaient des parents et leurs enfants ou d'autres membres proches de la famille. Dans la plupart des cas, ce n'est pas ce que nous avons constaté", déclare Maja Krzewińska, du Centre de paléogénétique du département d'Archéologie et d'Études classiques de l'Université de Stockholm, auteure principale de l'étude.
Les conclusions des chercheurs, récemment publiées dans la revue scientifique Science Advances, suggèrent plutôt que des facteurs autres que les liens familiaux étroits ont souvent influencé le choix des personnes enterrées ensemble.
La découverte d'un squelette dans le sud du Groenland a permis d'identifier les vestiges d'une église jusqu'alors inconnue. Le lieu de culte date de l'époque de la colonisation viking et se trouve à côté de Brattahlíð, résidence d'Erik le Rouge.
Les fouilles menées à Qinngua, non loin de Narsarsuaq, dans les années 1970, puis 2004, avaient révélé des vestiges typiques d'une église médiévale - c'est-à-dire un complexe de forme carrée composé d'un mur d'enceinte en pierre avec un bâtiment au centre - sans pour autant permettre aux archéologues de confirmer de manière certaine la nature du site en l'absence de toutes traces d'un cimetière.
Mais grâce à de nouvelles méthodes de recherches, parmi lesquelles la cartographie de ces ruines et de leur environnement par des drones, un squelette a été mis au jour par les archéologues au cours du mois d'août 2026. Sa position, avec la tête orientée à l'ouest et les pieds vers l'est, confirme qu'il a été enterré suivant la tradition chrétienne.
"C’est, pour ainsi dire, 'le coup de grâce'. Les rites funéraires inuits sont différents: le défunt est placé dans des chambres de pierre sous des amas de pierres, tandis que les Vikings sont enterrés en terrain consacré dans l'enceinte des églises", explique Konrad Smiarowski, chercheur au Musée universitaire de Bergen et co-responsable du projet.
Un remarquable cimetière millénaire a été mis au jour dans le comté d'Innlandet, à Hamar. Les tombes, parmi lesquelles plusieurs fosses communes où sont enterrés ensemble adultes et enfants, pourraient dater des premiers temps du christianisme dans une région pourtant réputée hostile à la conversion.
L'église qui se dressait au Moyen Âge à Valum, près de Ridabu, un village de la municipalité de Hamar, dans l'est de la Norvège, fut abandonnée dès 1590. Le cimetière était connu, mais son emplacement exact n'a été révélé qu'à l'automne 2020, lorsque le Conseil du comté d'Innlandet a été informé de la présence d'ossements humains découverts par un amateur de détection de métaux.
Les relevés archéologiques effectués à l'automne 2021 ont montré que les squelettes situés le plus haut, directement sous la couche arable, étaient fragmentés et mal conservés, détruits par l'activité agricole, tandis que ceux situés plus profondément semblaient beaucoup mieux conservés.
Quinze squelettes ont finalement été mis au jour lors des fouilles menées sur le site durant le mois d'août 2026. "C’est bien plus que ce à quoi nous nous attendions d’après les premières investigations", a déclaré Aksel Haavik, archéologue de l'Institut norvégien de Recherche sur le Patrimoine culturel (NIKU).
Une quantité record d'argent a été mise au jour par un amateur de détection de métaux dans la région du Päijät-Häme, au sud de la Finlande. Il s'agit à ce jour de la plus importante découverte dans le pays datée de la fin de l'Âge du Fer, c'est-à-dire l'époque viking.
Le jeudi 3 septembre 2026, Kalle Lappinen, passionné de détection de métaux, a découvert les premières pièces d'un important trésor monétaire en argent dans la forêt près de la petite ville lacustre de Sysmä.
"Au début, il y a eu un sentiment d'incrédulité. On déterre tellement de choses d'après des signaux provenant de gisements métalliques que lorsqu'on finit par trouver un réel objet, c'est toujours une petite surprise. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des trouvailles sont des déchets ou des gisements métalliques", a confié le découvreur.
Dès le lendemain, Esko Tikkala, archéologue au musée régional de Lahti, a inspecté le site et supervisé la récupération du trésor.
Un danois de Rebild, dans le Jutland du Nord, a fait une découverte spectaculaire alors qu'il aménageait une terrasse dans son jardin : plus de 18,5 kilos d’argent enfouis dans le sol. Il s’agit du plus important trésor d’argent de l’époque viking jamais trouvé au Danemark.
Ce trésor est presque trois fois plus important, a déclaré le Nordjyske Museer (Musée historique du Jutland du Nord) dans un communiqué de presse, que le plus grand trésor d'argent de l'Âge Viking découvert à ce jour dans le pays - le trésor de Terslev, d'un poids d'environ 6,5 kilogrammes, sur l'île de Seeland en 1911.
Caché dans le sol dans un récipient en argile au cours du IXème siècle, le trésor de Rebild se compose d'environ 700 objets et divers morceaux d'argent. Parmi de nombreux lingots, se trouvent également des bracelets, 47 pièces de monnaie entières et des pièces découpées, ainsi qu'un petit marteau de Thor.
"Cette découverte est capitale pour notre compréhension de l'Âge Viking au Danemark. Non seulement en raison de son importance, mais aussi parce que ce trésor illustre parfaitement le rôle de l'argent comme symbole de richesse et moyen de paiement à cette époque. C'est comme découvrir un coffre-fort de l'époque viking", a déclaré Torben Sarauw, responsable du patrimoine culturel et archéologue au Nordjyske Museer.
La tombe d'une femme du VIIIème siècle a été mise au jour par Arkæologi Vestjylland à Skonager, dans le Jutland occidental. Les dents et les fragments de tissu, exceptionnellement bien conservés, pourraient révéler de précieuses informations sur la tenue qu'elle portait et d'autres aspects de la vie à l'époque viking.
La sépulture ARV 661 se trouve à Skonager, une localité rurale près de la ville de Varde. Il s'agit de la tombe d'une femme enterrée dans un cercueil placé dans une fosse, sa tête reposant sur un coussin de pierre.
Mais le plus remarquable, ce sont deux broches en bronze ou en argent, appelées broches tortues, découvertes avec plusieurs fragments de tissus. Lise Ræder Knudsen, spécialiste des textiles anciens, est en charge de l'analyse des textiles, avec le soutien de la Fondation Agnes Geijers.
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