Les ossements de la reine anglaise Emma, épouse de Knut le Grand au XIème siècle, auraient été retrouvés dans plusieurs coffres mortuaires de la cathédrale de Winchester.
Née aux alentours de 980, la princesse Emma de Normandie, connue également sous le nom d’Ælfgifu, fut d’abord mariée à Æthelred le Malavisé, un roi d’Angleterre combattu par les Vikings. Puis en 1017, elle se maria à Knut le Grand, un prince danois devenu roi d’Angleterre, de Danemark et de Norvège. Morte à Winchester le 6 ou inhumée dans l'Old Minster de Winchester aux côtés de son second mari et de leur fils Knud le Hardi .
Les restes de la reine auraient été découverts dans des coffres mortuaires - des cercueils en bois peint - de la cathédrale de Winchester, et pourraient avoir été mélangés à au moins 22 autres squelettes, d'après les chercheurs, lorsque la cathédrale a été saccagée pendant la guerre civile anglaise en 1642.
De la Normandie à l'Angleterre
La princesse Emma était la fille du duc de Normandie, Richard Ier, surnommé 'Richard sans Peur'. Suite à des négociations entre son père et l’Angleterre, elle traversa la Manche pour se marier à Æthelred, un roi veuf déjà père d’au moins une dizaine d’enfants. Peu de choses sur sa vie avec son premier mari sont connues, mais les écrits semblent indiquer que la princesse, devenue reine consort d’Angleterre, participait activement à la vie politique du pays, aux côtés de son époux.
Cette période fut marquée par les invasions danoises qui mettaient à feu à sang certaines régions de l’Angleterre, jusqu’à ce que Sven Barbe fourchue envahit le pays et se proclama roi d’Angleterre. Ce dernier mourut peu de temps après sa conquête de l’Angleterre, en février 1014, et Æthelred, roi exilé durant le conflit, revint en Angleterre pour chasser Knut, le fils de Sven, et reprendre sa place. Il mourut lui aussi à la même période et c’est brièvement Edmond Côte-de-Fer, fils d’Æthelred qui fut nommé roi.
Après être rentré au Danemark pour refaire ses forces, Knut envahit l'Angleterre en Assandun, en sur un partage du royaume: Edmond conserva le Wessex, tandis que Knut obtint la Mercie et probablement la Northumbrie. Mais cette situation ne dura guère avec la mort d’Edmond Côte-de-Fer le 30 Novembre 1016, et Knut fut reconnu comme seul roi de toute l'Angleterre.
Reine consort de l'Angleterre, du Danemark et de Norvège
Pour légitimer et renforcer sa position en tant que roi, Knut le Grand épousa Ælfgifu, autrement dit la princesse Emma de Normandie, veuve de l’ancien roi Æthelred le Malavisé, le 2 Juillet 1017.
Par cet acte, il consolida les liens politiques et commerciaux entre l'Angleterre et la Normandie, tout en établissant ses intentions de régner en suivant le christianisme. Knut le Grand ne fut pas seulement roi d’Angleterre, mais aussi roi de Danemark, à partir de 1018 et roi de Norvège, à partir de 1028.
Emma fut donc l’épouse d’un roi d’Angleterre et de son successeur mais aussi reine consortde trois nations. Elle a donné naissance à deux rois: Édouard le Confesseur, roi d'Angleterre et Knut III du Darnemark dit 'Knud le Hardi', ou Hardeknud.
Emma de Normandie a longtemps été oubliée en France. C’est pourtant grâce à sa parenté et à la mort de son fils Édouard le Confesseur, dernier roi anglo-saxon, que son petit-neveu, Guillaume le Conquérant, se trouvera en position d'affirmer ses prétentions à la couronne anglaise en 1066.
Une figure importante du pays
Knut le Grand est surtout connu dans leslégendes populaires pour avoir ordonné à la marée de reculer. Pour démontrer son humilité, il aurait fait déplacer son trône au bord de la mer pour montrer que même les hommes puissants ne pouvaient ordonner des choses aux éléments de la nature. D’autres sources indiquent au contraire que cet épisode démontre combien ce roi était arrogant et était persuadé d’y parvenir.
La reine Emma fut une figure importante en Angleterre, considérée comme la femme la plus riche du pays à son époque. Elle était l’une des plus grandes propriétaires du pays, disposant de nombreuses terres dans le Wessexet dans l’est de l’Angleterre.
Elle est aussi connue pour un épisode marquant de sa vie. On lui attribue une relation amoureuse avec Ælfwine, évêque de Winchester. Son propre fils, Edouard le Confesseur, aurait exigé d'elle de s’en remettre au jugement de Dieu, en acceptant une ordalie par le fer rouge. Elle aurait passé cette épreuve avec succès, sans avoir mal et sans se brûler.
1300 os analysés depuis 7 ans
Depuis 2012, les chercheurs et historiens analysent méticuleusement plus de 1300 ossements découverts dans ces coffres gardés secrètement depuis des siècles dans la cathédrale de Winchester, dans le Hampshire, au sud de l’Angleterre.
Grâce à la datation au carbone et à divers indices, les scientifiques sont parvenus à isoler les os d’une femme parmi tous les autres qui appartiennent à des hommes, probablement des rois et des évêques. Les os de cette femme, supposée être la reine Emma, contiennent des traces permettant d’affirmer qu’elle avait un régime riche en poisson, ce qui est un signe de richesse pour l’époque.
D'autres ossements ont été identifiés comme appartenant à deux jeunes garçons d’environ 10 à 15 ans, présumés être de naissance royale. Ils seraient décédés entre 1050 and 1200 mais les chercheurs ne savent pas encore de qui il s’agit.
En outre, sur les coffres mortuaires, plusieurs noms de rois sont inscrits, dont celui de William Rufus, soit Guillaume II d'Angleterre dit 'Guillaume le Roux', mort en 1100, qui avait succédé sur le trône à son père Guillaume le Conquérant.
Une identité royale encore à confirmer
Les inscriptions sur les coffres n’ont plus aucun rapport avec leur contenu. Il est probable, selon les chercheurs, que les habitants aient remis à la hâte les ossements dans les coffres, quand ils ont nettoyé la cathédrale après le saccage perpétré par les 'Tête-Rondes' (surnom donné aux puritains partisans du Parlement d'Angleterre) au cours de la Première Révolution anglaise de 1642.
D'autres analyses d'ADN vont donc être effectuées pour voir si l'identité royale peut être confirmée. La plupart des os sont bien conservés, mais son crâne, trop endommagé, ne permet pas aux scientifiques d'envisager une reconstruction faciale en 3D.
En attendant, la réplique des restes d'Emma de Normandie est présentée à la cathédrale de Winchester, dans le cadre de l'exposition Kings and Scribes: La Naissance d'une Nation, qui a débuté le 1er Avril 2019 et se poursuit jusqu'au 31 Mars 2020. Les coffres mortuaires sont à nouveau exposés, à côté de l'autel principal, et les os se trouvent dans un environnement sûr et sécurisé pendant que les recherches se poursuivent.
Un remarquable cimetière millénaire a été mis au jour dans le comté d'Innlandet, à Hamar. Les tombes, parmi lesquelles plusieurs fosses communes où sont enterrés ensemble adultes et enfants, pourraient dater des premiers temps du christianisme dans une région pourtant réputée hostile à la conversion.
L'église qui se dressait au Moyen Âge à Valum, près de Ridabu, un village de la municipalité de Hamar, dans l'est de la Norvège, fut abandonnée dès 1590. Le cimetière était connu, mais son emplacement exact n'a été révélé qu'à l'automne 2020, lorsque le Conseil du comté d'Innlandet a été informé de la présence d'ossements humains découverts par un amateur de détection de métaux.
Les relevés archéologiques effectués à l'automne 2021 ont montré que les squelettes situés le plus haut, directement sous la couche arable, étaient fragmentés et mal conservés, détruits par l'activité agricole, tandis que ceux situés plus profondément semblaient beaucoup mieux conservés.
Quinze squelettes ont finalement été mis au jour lors des fouilles menées sur le site durant le mois d'août 2026. "C’est bien plus que ce à quoi nous nous attendions d’après les premières investigations", a déclaré Aksel Haavik, archéologue de l'Institut norvégien de Recherche sur le Patrimoine culturel (NIKU).
Une quantité record d'argent a été mise au jour par un amateur de détection de métaux dans la région du Päijät-Häme, au sud de la Finlande. Il s'agit à ce jour de la plus importante découverte dans le pays datée de la fin de l'Âge du Fer, c'est-à-dire l'époque viking.
Le jeudi 3 septembre 2026, Kalle Lappinen, passionné de détection de métaux, a découvert les premières pièces d'un important trésor monétaire en argent dans la forêt près de la petite ville lacustre de Sysmä.
"Au début, il y a eu un sentiment d'incrédulité. On déterre tellement de choses d'après des signaux provenant de gisements métalliques que lorsqu'on finit par trouver un réel objet, c'est toujours une petite surprise. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des trouvailles sont des déchets ou des gisements métalliques", a confié le découvreur.
Dès le lendemain, Esko Tikkala, archéologue au musée régional de Lahti, a inspecté le site et supervisé la récupération du trésor.
Un danois de Rebild, dans le Jutland du Nord, a fait une découverte spectaculaire alors qu'il aménageait une terrasse dans son jardin : plus de 18,5 kilos d’argent enfouis dans le sol. Il s’agit du plus important trésor d’argent de l’époque viking jamais trouvé au Danemark.
Ce trésor est presque trois fois plus important, a déclaré le Nordjyske Museer (Musée historique du Jutland du Nord) dans un communiqué de presse, que le plus grand trésor d'argent de l'Âge Viking découvert à ce jour dans le pays - le trésor de Terslev, d'un poids d'environ 6,5 kilogrammes, sur l'île de Seeland en 1911.
Caché dans le sol dans un récipient en argile au cours du IXème siècle, le trésor de Rebild se compose d'environ 700 objets et divers morceaux d'argent. Parmi de nombreux lingots, se trouvent également des bracelets, 47 pièces de monnaie entières et des pièces découpées, ainsi qu'un petit marteau de Thor.
"Cette découverte est capitale pour notre compréhension de l'Âge Viking au Danemark. Non seulement en raison de son importance, mais aussi parce que ce trésor illustre parfaitement le rôle de l'argent comme symbole de richesse et moyen de paiement à cette époque. C'est comme découvrir un coffre-fort de l'époque viking", a déclaré Torben Sarauw, responsable du patrimoine culturel et archéologue au Nordjyske Museer.
La tombe d'une femme du VIIIème siècle a été mise au jour par Arkæologi Vestjylland à Skonager, dans le Jutland occidental. Les dents et les fragments de tissu, exceptionnellement bien conservés, pourraient révéler de précieuses informations sur la tenue qu'elle portait et d'autres aspects de la vie à l'époque viking.
La sépulture ARV 661 se trouve à Skonager, une localité rurale près de la ville de Varde. Il s'agit de la tombe d'une femme enterrée dans un cercueil placé dans une fosse, sa tête reposant sur un coussin de pierre.
Mais le plus remarquable, ce sont deux broches en bronze ou en argent, appelées broches tortues, découvertes avec plusieurs fragments de tissus. Lise Ræder Knudsen, spécialiste des textiles anciens, est en charge de l'analyse des textiles, avec le soutien de la Fondation Agnes Geijers.
Une équipe d'archéologues polonais et danois mène sa deuxième campagne de fouilles au pied de la Colline d'Argent, au nord de l'ancienne Wolin. Leur objectif, entre autres choses, est de déterminer le rôle des Vikings dans la fondation de la ville et de localiser l'emplacement du port de Wolin au début du Moyen Âge.
Différentes parties de Wolin, en Poméranie Occidentale, font l'objet de recherches archéologiques depuis près de 200 ans. Les premières fouilles remontent à 1828.
Bien que les scientifiques connaissent bien l'histoire de ce lieu, de nombreuses anciennes hypothèses peuvent désormais être vérifiées et de nouvelles peuvent voir le jour grâce aux méthodes de datation plus précises et à la possibilité de réaliser, par exemple, des études isotopiques.
Les travaux de l'été 2026 s’inscrivent dans la continuité d’un projet de recherche triennal lancé l’année dernière par des scientifiques de l’Institut d’Archéologie et d’Ethnologie de l’Académie polonaise des Sciences (IAE PAN) et de l’Université d’Aarhus (AU).
Le Manx National Heritage a annoncé le retour d'une croix millénaire, ornée d'une inscription runique, dans son lieu d'exposition. Considérée comme l'un des plus remarquables monuments du haut Moyen Âgede l'île de Man,les travaux de conservation ont fourni l'opportunité d'en apprendre davantage à son sujet.
La croix d'Osruth, un monument du Xème siècle décoré de sculptures de l'époque viking et d'une inscription runique encore visible aujourd'hui, a été réinstallée fin juin 2026 à l'intérieur de la chapelle royale de St John's, près de Tynwald Hill.
Pour Christopher Weeks, responsable de la conservation et de la préservation des collections du Manx National Heritage (MNH), le projet concernant la croix d'Osruth visait à protéger tout un pan essentiel de l'histoire de l'île. "Il s'agit de l'une des plus importantes des quelques 200 croix mannoises que nous possédons.", a-t-il déclaré.
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