Après avoir consulté le Musée historique et les autorités du parc national, deux membres de l'équipe se sont mis en route le 4 septembre, accompagnés de deux des chasseurs de rennes (dont Einar Åmbakk, auteur de la découverte), un détectoriste et un archéologue locaux. Le groupe, parti d'un bâtiment d'estive, a atteint la zone de la découverte après 3 heures de marche rapide en montagne, par vent fort.
Les chasseurs de rennes n'avaient pas relevé la position GPS de la découverte, mais les données géographiques stockées dans les photos ont permis d'accéder aux coordonnées exactes. C'était très important, car l'expérience démontre qu'il aurait pu être difficile de retrouver l'endroit exact sur un terrain offrant peu de points de repère. Grâce à la géolocalisation, le point de recherche a rapidement été retrouvé.
Dans la même position depuis plus de 1000 ans
Le lieu de recherche se trouve dans une zone située à 1640 m d'altitude recouverte de pierrailles, avec des traces de mouvement du pergélisol. Einar Åmbakk a rapporté que l'épée était couchée, la poignée entre les pierres, et la moitié de la lame apparente. Il a vu la lame et l'a retirée. C'est seulement alors qu'il a compris qu'il venait de trouver une épée à double tranchant.
Il semble peu probable que l'épée soit réapparue à la surface en raison du mouvement du pergélisol, car elle est bien conservée, sans rayures ni torsions. Elle se trouvait très probablement encore dans sa position d'origine ou avait un peu glissé vers le bas, entre les pierres.
La zone a été attentivement examinée et ratissée à l'aide d'un détecteur de métaux. L'investigation, qui a été menée dans un rayon de 20m autour du lieu de la découverte, n'a rien donné d'autre. L'épée est donc une découverte isolée.
Un état de conservation remarquable
Il peut sembler étrange que l'épée se soit conservée à la surface du sol depuis plus d'un millier d'années. Cependant, contre toute attente, c'est bien ce qui s'est passé ici. Des découvertes isolées de pointes de flèches en fer bien conservées ont également déjà eu lieu en haute montagne, et certains de ces artefacts sont encore plus anciens que l'épée.
Une telle conservation est probablement due à une combinaison de facteurs tels que la qualité du fer, et principalement aux conditions météorologiques froides et sèches en haute altitude. Pendant la majeure partie de l'année, le lieu de la découverte est exposé au gel et couvert de neige.
L'épée devait sûrement posséder autour de sa poignée de l'os, du bois ou du cuir, mais les éléments organiques se sont désagrégés.
Pourquoi l'épée a-t-elle été perdue à haute altitude?
L'épée a été trouvée en partie enfouie dans la pieraille avec seulement la lame qui en dépassait. Aucune autre découverte associée n'a été faite à proximité, et il n'y a aucune indication d'une sépulture ou d'un sacrifice. Il semble également peu probable que l'épée ait été simplement égarée ici, c'est-à-dire laissée à cet endroit pour quelque raison sans être récupérée plus tard. Quel genre de Viking aurait laissé derrière lui son objet le plus précieux?
Le terrain accidenté du lieu de la découverte n'est pas un endroit où il aurait été aisé de marcher pour parcourir la région, alors même qu'il y a beaucoup de terrain plus praticable pour la marche à proximité. Cela pourrait suggérer que la personne qui a laissé derrière elle son épée s'est perdue, peut-être dans un blizzard de neige. Il semble probable que l'épée ait appartenu à un Viking décédé en montagne, peut-être par exposition. Cependant, si c'est bien le cas, pourquoi voyageait-il dans les hautes montagnes avec son épée? C'est un peu mystérieux ...
Il est tentant de penser que si un Viking était mort à quelques centaines de mètres plus à l'Est, là où il y a des plaques de glace, la Norvège aurait eu son premier Ötzi. En l'état actuel des choses, si cela a été le cas, ses restes ont disparu depuis longtemps, et seule l'épée témoigne du drame qui s'est déroulé il y a plus d'un millier d'années.