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France - Les Vikings veulent envahir Évreux

01.07.2016 - Un grand parc de loisirs de près de 40 hectares pourrait voir le jour à Gauville, tout près d’Évreux. Il aurait pour fil rouge l’identité médiévale et viking normande.

Après plusieurs mois de mystère, le voile s’est levé sur le projet de grand parc de loisirs évoqué par Guy Lefrand (LR) en septembre dernier. Le maire d’Évreux et président du Grand Évreux Agglomération (GEA) ambitionne en effet de construire un parc de loisirs ayant pour fil rouge l’identité médiévale et Viking normande. Il s’agirait d’y décliner des animations et spectacles autour de la fin de l’empire romain, la création de la Normandie, les échanges culturels et économiques par les Vikings. Une sorte de « mini Puy du Fou », illustre Guy Lefrand.

60 millions d'euros à trouver

Le parc, d’une superficie d’environ 40 ha, se situerait à l’ouest de la capitale de l’Eure, à Gauville, sur le secteur de La Roque, et s’étalerait jusqu’au centre hospitalier Eure-Seine d’Évreux.  " Le Grand Évreux agglomération se situe de façon stratégique, à une heure de Paris", assure Rémi Priez, vice-président du GEA en charge du Tourisme.

Sur le plan économique, ce parc de loisirs serait une véritable aubaine pour le territoire du Grand Évreux. D’autant qu’il n’existe pas de parc similaire en Normandie, terre des « hommes du nord ». Si ce n’est peut-être le parc historique Ornavik, à Hérouville-Saint-Clair (Calvados), qui se veut davantage un chantier d’archéologie expérimentale dédié en partie aux Vikings qu’un parc d’attractions.

Rémi Priez estime que cette « locomotive touristique » pourrait attirer jusqu’à « 15 millions de clients potentiels », ce qui correspond, peu ou prou, à la fréquentation annuelle de Disneyland Paris. En comparaison, le Puy du Fou, en Vendée, sacré meilleur parc au monde, dont l’activité se veut proche de ce que souhaite développer Guy Lefrand, comptabilisait, pour la saison 2015, un peu plus de 2 millions de visiteurs. Mais entre le potentiel et le concret, il y a un gouffre. Lors d’une rencontre avec la presse en septembre, Guy Lefrand avait plutôt misé sur une fréquentation annuelle avoisinant les 300 000 touristes. À termes, ce parc de loisirs pourrait employer 150 salariés. Reste à trouver les financements...

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02.11.2016 - Les associations de reconstitution voudraient en finir avec les clichés grâce au parc viking d'Evreux

Le cabinet retenu pour mener l’étude de faisabilité d’un parc sur l’identité médiévale et viking près d’Évreux doit bientôt être désigné. Qu’attendent les associations de reconstitution normandes de ce projet ?

Pendant que le maire d’Évreux et président du Grand Évreux agglomération (GEA) planche sur le projet de parc de loisirs sur l’identité médiévale et viking de la Normandie et tente de réunir les millions d’euros nécessaires à sa construction, les associations locales de reconstitution historique fourbissent déjà leurs armes, convaincues qu’elles ont un rôle à jouer dans ce vaste projet.

"Il faut cesser de véhiculer des clichés"

Daniel Bes est emballé par l’idée. Depuis vingt ans, l’Eurois installé à La Neuve-Lyre préside l’association Les Compagnons de Roland, une troupe d’archers du XIe siècle qui se veulent aussi potier, cordier, vitrier, musicien, calligraphe... Il "adhère mais met en garde. Attention à ne pas sombrer dans l’attraction et le n’importe quoi. Finissons-en avec les joutes brutales, les combats bidons, les grandes oreilles elfiques et les casques à cornes. Le Moyen Âge, c’est autre chose", rappelle-t-il.

Un sentiment que partage Aurélien Quinquempois. Ce trentenaire est impliqué dans plusieurs associations, dont Herkonungar, basée à Pavilly (76). Depuis trois ans, « Les Rois guerriers » s’attachent à présenter la vie à l’époque de l’arrivée des Vikings en Normandie. « Il faudra voir le parc est censé être ludique ou sérieux. Le mélange des deux n’est pas gênant. Un pôle attractif peut générer du tourisme. Mais il faut veiller à cesser de véhiculer des clichés sur les Vikings, présentés comme des gros barbares avec des peaux de bêtes. Des images dignes des vieux films hollywoodiens. »

Aurélien, alias Veland lorsqu’il enfile son costume médiéval, aimerait y trouver un "mini-archéosite avec un village où les reconstituteurs pourraient proposer des animations".

Évoquer les modes de vie culturels, vestimentaires, gastronomiques, les manières de combattre, l’art de la guerre et des sièges, la création des villes, des écoles, les échanges culturels après les invasions vikings, reconstituer l’habitat viking et normand... Autant de sujets qui, selon Daniel Bes, mériteraient d’être évoqués mais en sortant des « discours universitaires ou historiques ». Le géophysicien à la retraite prône l’explication par la démonstration. L’histoire vivante en somme ! "De nombreuses associations en France ont déjà cette pratique et ce concept du Moyen Âge. Des acteurs tout trouvés pour un tel site", estime-t-il.

Jimmy Blin en est le parfait exemple. Ce professeur d’espagnol âgé de 25 ans préside depuis trois ans l’association Vegvisir, basée à Rouen. Son but est de "reconstituer le plus fidèlement possible, à partir de sources, ce que pouvait être la vie des Scandinaves au Xe siècle", explique-t-il. Il est également trésorier national de la Fédération française médiévale. À ce titre, il s’est retrouvé impliqué dans la réflexion autour de la création d’un projet de parc médiéval en région parisienne. Parc dédié, contrairement au projet ébroïcien, à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance...

20.06.2018 - Débats animés sur le projet de parc viking au conseil d’Évreux

Promoteurs et opposants au futur parc viking se sont opposés pied à pied, mardi soir, lors d’un conseil communautaire qui a finalement donné son feu vert au projet. Selon le calendrier dévoilé mardi 19 juin 2018 par Évreux Portes de Normandie, le parc viking devrait ouvrir en 2022, à Gauville​

Pour Françoise Canel, c’est limpide: "On sacrifie 600 personnes, c’est tout." La maire de Gauville a fait partie des voix qui ont dit leur opposition au parc viking, tel que présenté mardi soir lors du conseil communautaire d’Évreux Portes de Normandie. Imaginer que, dans quatre ans, plus de 300 000 personnes vont venir sous ses fenêtres et celles de ses concitoyens pour jouir d’un "parc de loisirs sur l’identité médiévale et viking de la Normandie" (appellation officielle) n’amuse pas l’élue locale. "Il faut nous entendre, nous sommes sur le terrain", a notamment souligné Françoise Canel en s’adressant directement à Guy Lefrand, président d’EPN et initiateur du parc viking. "Ce terrain, à Gauville et Parville, a été choisi parce qu’il y avait 50 ha en ZAC et c’était plus facile. Monsieur le préfet est-il d’accord pour manger 50 ha de terres agricoles ? " Or, c’est justement un cheval de bataille de Thierry Coudert.

 

"Un vent d’inquiétude"

La maire de Gauville n’a pas été défendue par son homologue de Parville qui a "confiance dans les services de l’État pour que le dossier soit bien bordé". En revanche, Christian Delanghe, l’élu de Saint-Martin-la-Campagne, a rapidement expliqué qu’il voterait contre le projet, au nom d’un "vent d’inquiétude qui monte sur le Plateau". Forcément, l’opposition municipale ébroïcienne est aussi montée au front.

Timour Veyri (PS) a mis en cause "la fiabilité" du cabinet en charge de l’étude, la part de risque selon lui mal calculée, voire pas calculée du tout, en s’appuyant sur "les dizaines de parcs qui ont fermé en France. Quand ça plante, ce sont les collectivités qu’on vient chercher". Pour le patron des socialistes eurois, "c’est peut-être le dossier le plus important que nous aurons à connaître de la présidence de Guy Lefrand et peut-être aussi le plus complexe. Je vois les photos et j’ai mon âme d’enfant qui vibre. Mais se pose la question de l’équilibre financier."

 

"Que risquez-vous ? "

Selon les documents présentés aux élus communautaires, le coût d’investissement est évalué à 80 M€, avec un seuil de rentabilité fixé à 310 000 visiteurs par an, l’ambition d’en attirer 469 000 en moyenne, tout en créant une centaine d’emplois (21 permanents, 80 saisonniers). "Il s’agit d’investir dans l’économie touristique, a argumenté en préambule Rémi Priez, en charge du volet Tourisme à EPN. La zone de chalandise est extrêmement porteuse, avec 17 millions de clients potentiels à moins de deux heures de voiture". 

Mais le premier coup de pioche n’est pas pour demain. Il est même possible qu’il n’ait jamais lieu, et c’est d’ailleurs un peu comme cela que Guy Lefrand a fait redescendre la température.

La discussion de mardi tournait autour de la création d’une société d’économie mixte (Semop) servant de base juridique au projet de parc viking. 

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