Pour le musée de Skanderborg, cela ne fait aucun doute: le site de Fregerslev, entre Aarhus et Skanderborg, à proximité d'une zone où se développe le quartier résidentiel de Horning, verra au mois d'Avril, la mise au jour de ce qu'on appelle déjà "l'une des plus riches tombes du temps des rois de Jelling".
Les fouilles et les études de faisabilité sont en cours depuis plusieurs années, et les premières découvertes - un certain nombre de prestigieuses boucles issues provenant du harnais d'un cheval - ont déjà été faites en 2015.
La zone a été étudiée à plusieurs reprises, et elle est maintenant prête pour la phase finale des fouilles qui sera lancée le 19 Avril 2017, sous l'intitulé "Vikingen fra Fregerslev - blandt rigets mægtigste" ("le Viking de Fregerslev - parmi l'élite du royaume."). Le chantier sera ouvert au public.
La sépulture d'un contemporain de Gorm l'Ancien
Le site funéraire se compose de plusieurs tombes contiguës. L'une d'entre elles, qui a déjà révélé un certain nombre de découvertes uniques est, d'après les archéologues, celle d'un homme qui a vécu au Xème siècle, et qui devait être haut placé parmi l'élite de l'époque.
Dans le cadre des fouilles imminentes de la tombe, l'inspecteur et directeur du département d'Archéologie du Musée de Skanderborg, Ejvind Hertz, déclare:"Seule une petite fraction de la tombe a été étudiée, mais à partir du 19 Avril de cette année, le reste des offrandes funéraires du Viking seront mises au jour lors des fouilles archéologiques menées par le Musée Skanderborg."
Merethe Schiffer Bagge, chef de projet et archéologue au Musée Skanderborg, ajoute: "Ils ont déjà trouvé de beaux objets, des garnitures dorées pour le harnais d'un cheval. Une telle bride n'a pu être à la disposition que de gens très puissants à l'Âge Viking et est peut-être un cadeau d'alliance du roi. Les boucles sont datées de l'an 950environ, ce qui signifie que notre viking de Fregerslev peut avoir été l'homme de confiance de Gorm l'Ancien - ou un rival ".
La directrice du Musée Skanderborgs, Lene Høst-Madsen, attend aussi impatiemment la phase finale: "Cela va être incroyablement exhaltant de reprendre le chantier de fouilles, lequel consistera d'abord à déterminer si le jarl est seul ou s'il a été inhumé avec un ou plusieurs membres de sa famille".
Un personnage important de l'Âge Viking au Danemark?
Søren Sindbæk, professeur à l'Université d'Aarhus, a précédemment déclaré au sujet de la découverte et de sa signification: "Quand, un jour, l'archéologie permet une trouvaille comme celle-ci, c'est une occasion à ne pas manquer. Le cavalier de Fregerslev peut devenir une figure emblématique de notre passé, à l'instar de l'homme de Tollund et de la Femme d’Egtved."
Les fouilles font partie d'un projet archéologique dont l'objectif est d'apporter un nouvel éclairage sur la structure de l'élite viking au pouvoir, du commerce et de la société, tant au niveau national qu'international. Le projet est le fait d'une collaboration entre la Municipalité de Skanderborg, le château et l'Agence culturelle, le Musée national, l' Université d'Aarhus et le musée de Skanderborg.
Tout au long du chantier des visites quotidiennes du site seront organisées, et il sera possible de suivre le déroulement des opérations sur la page web du projet (voir en fin d'article).
Le grand projet de fouilles a été financé avec le soutien de la Fondation Augustinus, le fonds de soutien Den A.P. Møllerske, le Château et l'Agence culturelle et la municipalité de Skanderborg.
En plus de la grande tombe équestre, le site funéraire accueille deux tombes plus petites.
L'une des deux plus petites tombes mesure 2,67 x 1,72 mètres, et est orientée nord-sud. La tombe ne fait que 38 cm de profondeur et ne contenait aucun objet conservé.
La deuxième tombe, entourée par une clôture avec un poteau de délimitation à l'ouest, mesurait 2,65 x 1,70 mètres, pour une profondeur de 1,20 mètre. Sous deux couches de roches, se trouvaient les traces d'un cercueil en planches de chêne ainsi que les restes fortement décomposés du squelette d'une personne mesurant entre 1,65 et 1,70 mètre. La personne était allongée sur le dos, la tête tournée vers l'ouest. L'un de ses tibias présente une fracture. Aucun objet conservé n'a été trouvé dans cette tombe non plus, à l'exception d'un seul rivet en fer et des clous, qui faisaient vraisemblablement partie de la structure du cercueil.
D'après les archéologues, ce défunt au tibia cassé était probablement une personne spéciale au regard du travail fourni pour empiler les deux couches de roches et construire la clôture.
01.03.2022 - De la fourrure dans la tombe du viking de Fregerslev
Des traces éparses et microscopiques de fourrures ont été trouvées par le laboratoire de Moesgård dans les blocs de terre prélevés lors de la fouille de la tombe du Viking de Fregerslev. Au moins une espèce animale a pu être identifiée, ce qui témoigne de lointains échanges et constitue une preuve supplémentaire du statut social élevé de l'individu.
Le plus souvent, il ne s'agit que de très petits restes de fourrure, voire de l'empreinte d'un pelage qui, en l'état actuel des recherches, appartiendraient tous à une seule espèce animale. Néanmoins, la présence de ces vestiges organiques à plusieurs endroits dans la tombe donnent à penser qu'ils peuvent provenir d'objets parés de fourrure, de vêtements ou même d'animaux sacrifiés.
Un carquois en poils de castor
À l'extrémité ouest de la grande tombe équestre, les archéologues ont mis au jour une pointe de flèche. Lorsque le carquois a été examiné au laboratoire de Moesgård, des restes de fourrure ont été relevés. Il ne faisait alors aucun doute qu'ils servaient à décorer l'objet.
Marianne Schwartz, conservatrice à Moesgård, a ensuite commencé à chercher du matériel de référence susceptible de l'aider à déterminer l'origine animale de ce pelage. C'est ainsi qu'elle est parvenue à identifier la fourrure de castor.
Mais récemment, un autre bloc de terre contigu à celui du carquois a fait l'objet d'analyses, et ici aussi, des poils issus du même type de fourrure ont été enregistrés. Comme seuls des restes de fourrure de castor ont été retrouvés autour du carquois, tout porte à croire qu'ils appartenaient aussi à cet objet. Les chercheurs n'en sont pourtant pas certains.
Une espèce disparue au Danemark à l'Âge Vking
Il se pourrait que la fourrure se soit bien conservée précisément dans cette zone de la tombe en raison de l'effet conservateur des sels métalliques des pointes de flèches. Dès lors, ces nouveaux restes de fourrure pourraient tout aussi bien provenir d'un vêtement, comme par exemple un manteau.
En quête d'éléments de comparaison, le laboratoire de Moesgård s'intéresse de près à l'actuel projet de recherche Velklædt i Vikingetiden, consacré aux habits de l'Âge Viking.
Dans le cadre de cette nouvelle étude, les chercheurs réexaminent d'un œil nouveau les incroyables vestiges de tissus et de fourrure qui ont été mis au jour en 1868 dans la tombe de Bjerringhøj, près de Mammen, un village de la municipalité de Viborg, au Danemark [Lire sur Idavoll:Des ossements d'une célèbre tombe de l'Âge Viking, disparus depuis plus d'un siècle, redécouverts au Musée national]. Or, il y avait également dans cette tombe des restes de fourrure de castor que les spécialistes interprètent à présent comme étant les vestiges d'un manteau.
Par ailleurs, le castor est considéré comme une espèce éteinte au Danemark à l'époque viking, ce qui implique que la fourrure de la tombe de Fregerslev a probablement été importée du nord de la Scandinavie. Posséder quelque chose en fourrure de castor, qu'il s'agisse de vêtements ou d'objets, était donc aussi un symbole de statut social dans le sens où il était difficile et coûteux de s'en procurer, conclut le département de la Conservation de Moesgård.
Lorsque les archéologues découvrent des adultes et des enfants enterrés ensemble dans des tombes datant du début du christianisme en Scandinavie, on suppose souvent qu'ils appartenaient à la même famille. Une nouvelle étude de l'Université de Stockholm suggère le contraire.
Des chercheurs de l'Université de Stockholm ont analysé l'ADN de 142 individus du Xème au XIVème siècle, parmi lesquels plus de 60 enfants et adolescents, issus de 27 sépultures individuelles et 50 sépultures collectives mises au jour à Sigtuna, près de Stockholm, à Västerhus dans le Jämtland et à Fjälkinge en Scanie.
Les résultats montrent que les liens de parenté biologique étroits (de premier ou deuxième degré) étaient étonnamment rares parmi les personnes enterrées dans une même tombe, y compris dans les cimetières où des niveaux élevés de parenté ont pu être détectés.
"On suppose souvent que les adultes et les enfants partageant une même tombe étaient des parents et leurs enfants ou d'autres membres proches de la famille. Dans la plupart des cas, ce n'est pas ce que nous avons constaté", déclare Maja Krzewińska, du Centre de paléogénétique du département d'Archéologie et d'Études classiques de l'Université de Stockholm, auteure principale de l'étude.
Les conclusions des chercheurs, récemment publiées dans la revue scientifique Science Advances, suggèrent plutôt que des facteurs autres que les liens familiaux étroits ont souvent influencé le choix des personnes enterrées ensemble.
La découverte d'un squelette dans le sud du Groenland a permis d'identifier les vestiges d'une église jusqu'alors inconnue. Le lieu de culte date de l'époque de la colonisation viking et se trouve à côté de Brattahlíð, résidence d'Erik le Rouge.
Les fouilles menées à Qinngua, non loin de Narsarsuaq, dans les années 1970, puis 2004, avaient révélé des vestiges typiques d'une église médiévale - c'est-à-dire un complexe de forme carrée composé d'un mur d'enceinte en pierre avec un bâtiment au centre - sans pour autant permettre aux archéologues de confirmer de manière certaine la nature du site en l'absence de toutes traces d'un cimetière.
Mais grâce à de nouvelles méthodes de recherches, parmi lesquelles la cartographie de ces ruines et de leur environnement par des drones, un squelette a été mis au jour par les archéologues au cours du mois d'août 2026. Sa position, avec la tête orientée à l'ouest et les pieds vers l'est, confirme qu'il a été enterré suivant la tradition chrétienne.
"C’est, pour ainsi dire, 'le coup de grâce'. Les rites funéraires inuits sont différents: le défunt est placé dans des chambres de pierre sous des amas de pierres, tandis que les Vikings sont enterrés en terrain consacré dans l'enceinte des églises", explique Konrad Smiarowski, chercheur au Musée universitaire de Bergen et co-responsable du projet.
Un remarquable cimetière millénaire a été mis au jour dans le comté d'Innlandet, à Hamar. Les tombes, parmi lesquelles plusieurs fosses communes où sont enterrés ensemble adultes et enfants, pourraient dater des premiers temps du christianisme dans une région pourtant réputée hostile à la conversion.
L'église qui se dressait au Moyen Âge à Valum, près de Ridabu, un village de la municipalité de Hamar, dans l'est de la Norvège, fut abandonnée dès 1590. Le cimetière était connu, mais son emplacement exact n'a été révélé qu'à l'automne 2020, lorsque le Conseil du comté d'Innlandet a été informé de la présence d'ossements humains découverts par un amateur de détection de métaux.
Les relevés archéologiques effectués à l'automne 2021 ont montré que les squelettes situés le plus haut, directement sous la couche arable, étaient fragmentés et mal conservés, détruits par l'activité agricole, tandis que ceux situés plus profondément semblaient beaucoup mieux conservés.
Quinze squelettes ont finalement été mis au jour lors des fouilles menées sur le site durant le mois d'août 2026. "C’est bien plus que ce à quoi nous nous attendions d’après les premières investigations", a déclaré Aksel Haavik, archéologue de l'Institut norvégien de Recherche sur le Patrimoine culturel (NIKU).
Une quantité record d'argent a été mise au jour par un amateur de détection de métaux dans la région du Päijät-Häme, au sud de la Finlande. Il s'agit à ce jour de la plus importante découverte dans le pays datée de la fin de l'Âge du Fer, c'est-à-dire l'époque viking.
Le jeudi 3 septembre 2026, Kalle Lappinen, passionné de détection de métaux, a découvert les premières pièces d'un important trésor monétaire en argent dans la forêt près de la petite ville lacustre de Sysmä.
"Au début, il y a eu un sentiment d'incrédulité. On déterre tellement de choses d'après des signaux provenant de gisements métalliques que lorsqu'on finit par trouver un réel objet, c'est toujours une petite surprise. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des trouvailles sont des déchets ou des gisements métalliques", a confié le découvreur.
Dès le lendemain, Esko Tikkala, archéologue au musée régional de Lahti, a inspecté le site et supervisé la récupération du trésor.
Un danois de Rebild, dans le Jutland du Nord, a fait une découverte spectaculaire alors qu'il aménageait une terrasse dans son jardin : plus de 18,5 kilos d’argent enfouis dans le sol. Il s’agit du plus important trésor d’argent de l’époque viking jamais trouvé au Danemark.
Ce trésor est presque trois fois plus important, a déclaré le Nordjyske Museer (Musée historique du Jutland du Nord) dans un communiqué de presse, que le plus grand trésor d'argent de l'Âge Viking découvert à ce jour dans le pays - le trésor de Terslev, d'un poids d'environ 6,5 kilogrammes, sur l'île de Seeland en 1911.
Caché dans le sol dans un récipient en argile au cours du IXème siècle, le trésor de Rebild se compose d'environ 700 objets et divers morceaux d'argent. Parmi de nombreux lingots, se trouvent également des bracelets, 47 pièces de monnaie entières et des pièces découpées, ainsi qu'un petit marteau de Thor.
"Cette découverte est capitale pour notre compréhension de l'Âge Viking au Danemark. Non seulement en raison de son importance, mais aussi parce que ce trésor illustre parfaitement le rôle de l'argent comme symbole de richesse et moyen de paiement à cette époque. C'est comme découvrir un coffre-fort de l'époque viking", a déclaré Torben Sarauw, responsable du patrimoine culturel et archéologue au Nordjyske Museer.
La tombe d'une femme du VIIIème siècle a été mise au jour par Arkæologi Vestjylland à Skonager, dans le Jutland occidental. Les dents et les fragments de tissu, exceptionnellement bien conservés, pourraient révéler de précieuses informations sur la tenue qu'elle portait et d'autres aspects de la vie à l'époque viking.
La sépulture ARV 661 se trouve à Skonager, une localité rurale près de la ville de Varde. Il s'agit de la tombe d'une femme enterrée dans un cercueil placé dans une fosse, sa tête reposant sur un coussin de pierre.
Mais le plus remarquable, ce sont deux broches en bronze ou en argent, appelées broches tortues, découvertes avec plusieurs fragments de tissus. Lise Ræder Knudsen, spécialiste des textiles anciens, est en charge de l'analyse des textiles, avec le soutien de la Fondation Agnes Geijers.
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