L’un est décédé au cours d'une bataille au Danemark, l’autre a été victime d’un massacre en Angleterre. Après plus d'un millénaire, ces deux Vikings ont été identifiés comme membres d'une même famille et vont enfin être réunis.
Un squelette conservé au Musée de l'Oxfordshire, à Standlake, s'avère être étroitement lié au squelette d’un autre homme découvert lors d'une fouille archéologique dans une tombe près d'Otterup sur l'île de Fionie, au Danemark. "Quand nous avons fait le lien entre eux, nous avons trouvé cela passionnant. Nous pensions que des Vikings avaient quitté le Danemark pour partir vivre en Grande Bretagne, mais nous n’en étions pas certains. À présent, nous détenons la preuve qu’ils étaient parents", a déclaré le Dr Rane Willerslev, directeur du Musée national du Danemark.
Victime du massacre de la St Brice
Le squelette répertorié sous le matricule SK1756 a été découvert dans une fosse commune lors de fouilles préventives menées en 2008 dans le parc du St John's College de l'Université d'Oxford. Il est l’une des 35 victimes du massacre de la Saint-Brice à Oxford qui se déroula le 13 Novembre 1002. [Lire sur Idavoll:Royaume-Uni - Un massacre de Vikings à Oxford]
Cette année-là, le roi anglais Aethelred II, dit le Malavisé, publia un décret ordonnant le meurtre de tous les Danois - pillards, colons et enfants - le jour de la Saint-Brice. Ce fut la décision d'un roi acculé, incapable de juguler la résurgence des raids vikings vers la fin du Xème siècle, et ce malgré les coûteuses sommes d'argent payées en rançon par la couronne aux Danois (le fameux Danegeld, littéralement "tribut aux Danois").
La fosse commune d'Oxford est l'un des témoignages direct de cette véritable épuration ethnique: 33 hommes adultes grands et robustes et 2 adolescents ayant tous subi une mort violente alors qu'il n'étaient pas eux-mêmes des guerriers. D'après les analyses isotopiques menées ultérieurement, ils étaient originaires du Danemark, du royaume d'Angleterre (1ère ou 2ème génération) et d'Allemagne.
SK1756 est danois. Son lien de parenté avec un squelette trouvé au Danemark a été établi grâce aux travaux de recherche sur l’ADN ancien du Pr Eske Willerslev, jumeau du Dr Rane Willerslev [Lire sur Idavoll: Science - Non, les Vikings n'étaient pas tous d'origine scandinave]. Ce sont des parents au deuxième degré. Il pourrait s’agir soit d’un oncle et son neveu ou d’un grand-père et son petit fils, voire de demi-frères.
Le "retour de bâton"
La semaine dernière, Rane Willerslev s’est rendu à Standlake avec une équipe de tournage de la télévision danoise pour la réalisation d'un documentaire. L'objectif, filmer SK1756 et interviewer Angie Bolton, conservatrice à la section Archéologie du Musée de l'Oxfordshire.
"C'était très intéressant et particulièrement révélateur. C'était étrange de voir ce squelette - l'un de vos ancêtres - touché huit à dix fois à la tête et poignardé à plusieurs reprises au niveau de la colonne vertébrale, étendu juste là devant vous", a-t-il confié.
Les Danois, pour la plupart, méconnaissent l'histoire sanglante du massacre de la Saint-Brice. Pour autant, le directeur du Musée national du Danemark ne pensent pas que ses compatriotes en tiendront rigueur aux Britanniques.
"Les gens pensent toujours que les Vikings sont allés à l'étranger pour tuer et piller, mais ici, la situation est inversée. C'est le retour de bâton!", a-t-il ajouté en plaisantant.
Réunis au printemps 2021
De la découverte de la fosse commune à Oxford aux analyses des squelettes témoignant d'une mort brutale certaine, Angie Bolton a tout expliqué à ses visiteurs. "Le lien génétique avec le squelette danois est incroyable et c'est un réel privilège pour notre collection d'être reconnue de cette manière", a-t-elle volontiers avoué.
Au printemps prochain, SK1756 fera le voyage à Copenhague où il est prévu que soient effectuées d'autres investigations afin de tenter d'en apprendre davantage encore.
Si la conservatrice parvient à ses fins, le parent danois de SK1756 voyagera peut-être à son tour en direction de l'Angleterre: "J'adorerais emprunter le squelette danois et présenter une exposition au Musée de l'Oxfordshire montrant cet exemple de nettoyage ethnique pour briser quelques mythes sur les Vikings et nous".
Le documentaire sera diffusé quand l'exposition ouvrira ses portes au Musée national à Copenhague, en 2021. Elle se poursuivra jusqu'en 2024 en évoluant sous diverses formes.
10.06.2021 - Le squelette du Viking d'Oxford a retrouvé son parent au Danemark
Mercredi 9 Juin, les squelettes des deux Vikings, décédés au XIème siècle et membres de la même famille, ont été réunis à Copenhague après un millénaire de séparation.
Au début du XIème siècle, l’un est mort en Angleterre à la suite de blessures à la tête et a été enterré dans une fosse commune à Oxford. L’autre est décédé au Danemark et son squelette porte des traces de coups suggérant qu’il aurait participé à des batailles.
Il est très rare de découvrir des liens de parenté entre différents squelettes, surtout quand il ne s’agit pas de souverains, rappelle l’archéologue Jeanette Varberg, inspecteur du musée national du Danemark. "C’est une grande découverte parce qu'il est possible maintenant de retracer les déplacements d'une famille à travers l’espace et le temps", a-t-elle expliqué à l'AFP.
Un squelette de 150 os prêté pour 3 ans
Pendant plus de deux heures, deux des collègues de Jeanette Varberg ont reconstitué le squelette d’un homme d’une vingtaine d’années, à partir de quelques 150 os prêtés par le musée d’Oxfordshire pour 3 ans.
Si la parentèle est incontestable, il est toutefois impossible de déterminer le lien exact entre les deux hommes.
"C’est très difficile de dire s’ils ont vécu à la même époque ou s’il y a peut-être une génération de différence car il n’y a aucun élément dans les tombes qui puissent donner une datation précise, il y a donc une marge de plus ou moins 50 ans", a précisé l’archéologue.
L'homme de l'île de Fionie
L'homme d'Otterup, dont le squelette a été découvert dans le cimetière viking de Galgedil, a eu une vie difficile. Il mesure 1,82m, a des dents usées, a subi une maladie pulmonaire et son squelette est marqué par de graves blessures. Des études montrent également qu'il a mené une vie d'agriculteur avec une solide alimentation, composée de beaucoup de viande, avec parfois du poisson au menu. Il a pu voyager mais, ce dont Lasse Sørensen, responsable de la recherche au National Museum est certain, c'est qu'il est allé au combat au moins une fois.
"Le Viking de l'île de Fionie âgé de 50 ans a des dents usées, il souffrait d'arthrite au niveau de presque toutes les vertèbres dorsales et cervicales et même dans certaines articulations des côtes, à une articulation de la mâchoire et un gros orteil. Les dernières années de sa vie, il marchait légèrement penché en avant. Il y a des signes d'inflammation à l'intérieur de certaines de ses côtes. Cela peut être un signe de tuberculose. Sur l'os de son cou, se trouve une lésion aiguë. Cette blessure était guérie au moment de sa mort. Mais ce n'est pas tout. Il a également reçu une lésion violente à son bassin gauche, qui peut provenir d'un bon coup d'épée. La blessure de ce coup lui a peut-être coûté la vie, car elle ne s'est pas cicatrisée", a exposé Jesper Hansen des musées de la ville d'Odense.
L'homme d'Oxford
Le jeune viking mesure environ 1,80m. Son crâne montre les traces de 9 lésions causées par une épée ou un autre objet tranchant. Il a reçu une pluie de flèches, mais aussi plusieurs coups de lances dans le dos.
"Le jeune homme était fort et devait accomplir un dur travail physique. Ses orbites présentent des signes de porosité, qui peuvent être dus à une carence en vitamines, peut-être à la suite d'une infection. Ses tibias montrent des signes d'inflammation causés par des plaies ou des coups fréquents aux jambes. Il est mort de blessures massives causées par plusieurs types d'armes. Des études sur les os de son squelette indiquent qu'il a largement suivi le même type de régime que son proche parent de l'île de Fionie", a indiqué Lasse Sørensen.
Les deux squelettes sont présentés entourés de la plus grande collection de trésors de l'Âge Viking au Danemark dans le cadre de l'exposition "Togtet", qui ouvre ses portes le 26 juin 2021.
Le Manx National Heritage a annoncé le retour d'une croix millénaire, ornée d'une inscription runique, dans son lieu d'exposition. Considérée comme l'un des plus remarquables monuments du haut Moyen Âgede l'île de Man,les travaux de conservation ont fourni l'opportunité d'en apprendre davantage à son sujet.
La croix d'Osruth, un monument du Xème siècle décoré de sculptures de l'époque viking et d'une inscription runique encore visible aujourd'hui, a été réinstallée fin juin 2026 à l'intérieur de la chapelle royale de St John's, près de Tynwald Hill.
Pour Christopher Weeks, responsable de la conservation et de la préservation des collections du Manx National Heritage (MNH), le projet concernant la croix d'Osruth visait à protéger tout un pan essentiel de l'histoire de l'île. "Il s'agit de l'une des plus importantes des quelques 200 croix mannoises que nous possédons.", a-t-il déclaré.
Un vaste site datant de l'Âge Viking a été fouillé à Søften par des archéologues du Musée Moesgaard. Leurs découvertes font état d'un important complexe de productions artisanales spécialisées qui ont, selon toute vraisemblance, servi à approvisionner Aarhus en textiles et objets divers.
Le site se trouve dans le Jutland central, à 10 kilomètres au nord d'Aarhus et à 4 kilomètres de Lisbjerg où, en 2025, de riches tombes étroitement liées à la cité d'Aros - le nom originel d'Aarhus qui était à l'époque le centre du pouvoir royal et une place commerciale internationale- ont été mises au jour par une équipe du Musée Moesgaard [Lire sur Idavoll: Un site funéraire aristocratique de l'époque viking découvert au nord d'Aarhus].
En 2024, à seulement 5 kilomètres environ de Søften, un trésor d'argent datant de l'époque viking a été découvert en 2024 par un jeune étudiant à Elsted [Lire sur Idavoll: Un trésor d'argent de l'Âge Viking découvert près d'Aarhus].
Désormais, c'est toute une zone d'activité dédiée à la transformation du lin, ainsi qu'un grand nombre de maisons semi-enterrées qui ont été mises au jour à Søften entre août 2025 et juin 2026.
De précédentes recherches et plusieurs milliers d'artefacts ont déjà établi l'importance capitale de Woodstown concernant l'histoire des Vikings en Irlande. Si aucun vestige de bâtiment en surface ne témoigne encore à ce jour de l'ampleur du site, de nouvelles investigations ciblées pourraient prochainement donner à voirla plus grande maison longue viking du pays.
La cérémonie de la première pelletée de terre marquant l'ouverture du chantier a eu lieu le lundi 8 juin 2026 dans un champ du hameau de Woodstown, à proximité de la très fréquentée voie verte de Waterford, juste à l'ouest de la ville de Waterford.
Cette nouvelle campagne de fouille financée par la Royal Irish Academy, le Conseil municipal et le Conseil du comté de Waterford, réunit une équipe internationale composée d'archéologues et de chercheurs d'Abarta Heritage, du Discovery Programme: Centre for Archaeology and Innovation Ireland, de l'Université et du Musée de Stavanger en Norvège.
L'un des principaux objectifs de leurs travaux a consisté à étudier ce que les chercheurs pensent être les fondations d'une structure de taille considérable, repérées lors de prospections géophysiques, afin d'en comprendre la construction et le rôle.
"S’il s’agit d’une maison longue, alors ce sera la plus grande maison longue viking connue en Irlande. Nous espérons trouver des structures et des artefacts à l'intérieur du bâtiment. Il se peut qu'il ait eu une fonction particulière", a exposé Håkon Reiersen, chercheur et archéologue travaillant à l'Université de Stavanger, qui a participé aux fouilles.
Lors d'un voyage scolaire, un garçon de six ans a découvertune ancienne épée datant du début de l'Âge Viking dans un champ du comté de l'Innlandet.
C'est un morceau de métal rouillé dépassant du sol dans un champ de Brandbu, sur la commune de Gan, qui a attiré l'attention du garçon prénomné Henrik alors qu'il voyageait avec sa classe de CP fin avril.
En l'examinant de plus près, il s'est avéré qu'il ne s'agissait pas d'un quelconque morceau de fer, mais d'une épée. Contactés par les professeurs, les archéologues du comté ont rapidement confirmé le caratère historique de la découverte tout en soulignant son importance.
Le plus important trésor de pièces de monnaie de l'époque viking jamais découvert en Norvège a été mis au jour dans un champ près de Rena, dans la vallée d'Østerdalen. Au total, plus de 4000 pièces d'argent ont été découvertes à ce jour, et les recherches se poursuivent.
Il est désormais clair qu'il s'agit d'un trésor monétaire sans précédent en Norvège. Des archéologues du comté d'Innlandet et des prospecteurs travaillent de concert pour explorer le site de la découverte, dans un champ près de Rena, dans la municipalité d'Åmot, en étroite collaboration avec le Musée d'Histoire culturelle et la Direction du Patrimoine culturel.
"C'est une découverte historique. Le fait qu’elle date de l’époque viking la rend encore plus spectaculaire. Elle n’aurait pas été possible sans l’excellent travail du Conseil du comté d’Innlandet, et tout particulièrement des prospecteurs amateurs. C’est une découverte que toute la Norvège mérite de connaître", a déclaré le ministre du Climat et de l’Environnement, Andreas Bjelland Eriksen, dans un communiqué de presse du Conseil du comté d’Innlandet.
Celui que l'on nomme le trésor de Mørstad offre un rare aperçu de l'économie et des relations commerciales en Norvège durant une période marquée par d'importants changements politiques.
Une remarquable pièce de bois a été mise au jour de manière fortuite à Wijk bij Duurstede, dans la province d'Utrecht. Elle pourrait provenir d'un navire viking du IXème siècle.
La découverte a eu lieu le mercredi 18 Mars 2026 lors de travaux de terrassement pour la construction d'un nouveau réseau d'égouts et de drainage. L'œil averti de Danny van Basten, archéologue amateur et bénévole à ArcheoTeam Wijk bij Duurstede, a immédiatement perçu la valeur potentielle de la pièce de bois travaillé qui émergeait du sol, ce qui a conduit à la consultation de spécialistes de la Viking Ship Management Foundation et du Musée de Dorestad.
Le charpentier naval et expert Kees Sterrenburg a pu déterminer, en se basant sur la forme, les encoches et la qualité de la facture, qu'il s'agissait probablement d'un élément de charpente d'un navire.
Compte tenu de sa localisation et des fragments de poterie retrouvés à proximité, les archéologues pensent que le navire pourrait dater de l'époque carolingienne, entre le VIIIème et le IXème siècle.