Une découverte qu'Henriette Lyngstrøm, professeure agrégée d'archéologie à l'Université de Copenhague et en charge des couteaux, considère elle-même "très surprenante". "Cela semble un peu fou que de très jeunes enfants aient porté des couteaux aussi grands et affûtés. Ce n'était en aucun cas des jouets", dit-elle.
Leur présence dans les tombes des enfants démontrent également que le couteau était quelque chose qui suivait les gens dès l'enfance et tout au long de leur vie, selon l'archéologue.
"Le couteau était absolument essentiel dans la vie quotidienne à l'époque, et également pour les enfants. Cela forme un contraste intéressant avec la façon dont nous percevons les couteaux et les enfants d'aujourd'hui. Autrefois, on devait probablement penser quelque chose comme 'pas de couteau, pas de vie' ".
Seuls les enfants de la classe supérieure recevaient une sépulture
Le conservateur et archéologue Peter Pentz du Musée National a également trouvé la découverte intéressante: "Je pense que c'est très étonnant. Cela suggère que les lames sont des choses que tout le monde possédait et portait".
En outre, selon Peter Pentz, c'est une nouvelle information importante car il y a relativement peu de tombes d'enfants de l'Âge Viking par rapport à celles d'adultes. Les connaissances archéologiques concernant les enfants de cette époque sont généralement limitées.
"Peut-être parce qu'il n'y avait que les enfants de la classe supérieure qui recevaient une sépulture", dit-il.
Les enfants n'étaient pas des enfants à l'Âge Viking
Selon les deux archéologues, la découverte étaye l'hypothèse selon laquelle l'enfance n'était pas considérée comme distincte de la vie adulte à l'Âge Viking.
"Ce serait excessif de les désigner comme de petits adultes, mais ils ont eu des instruments tels que le couteau, qui était aussi grand que celui des adultes. Cela indique que les enfants ont pris part aux tâches quotidiennes globalement au même titre que les adultes", expose Henriette Lyngstrøm.
Selon elle, les enfants avaient probablement à vaquer à divers tâches, ramasser des branches pour les clôtures, du fourrage pour les animaux, et bien d'autres où il était nécessaire d'avoir un couteau bien affûté. "Ils ne craignaient pas de laisser les plus jeunes prendre part à la vie quotidienne. Ce devait être une enfance tout à fait différente à l'époque."
Le microscope a révélé des couteaux affutés
Cette notion d'une coutume consistant à remettre un couteau aux enfants, est fondée sur une étude au cours de laquelle Henriette Lyngstrøm a analysé un certain nombre d'anciens couteaux issus de sépultures d'enfants.
"J'ai rassemblé un certain nombre de couteaux et je les ai fendus pour voir comment ils étaient faits. Sous le microscope, j'ai alors pu examiner la structure d'acier et de fer qui assurait un bon tranchant, et conclure qu'ils étaient probablement des outils et non des jouets", explique-t-elle.
Un certain nombre d'études antérieures des squelettes dans leurs tombes a également montré qu'il s'agissait de jeunes enfants âgés de quatre à six ans, rapporte Henriette Lyngstrøm.
L'archéologie s'est peu intéressée aux couteaux
Henriette Lyngstrøm ajoute, cependant, qu'il est encore difficile de tirer des conclusions générales sur la façon dont vivaient les enfants d'alors, précisément parce qu'il y a très peu de tombes d'enfants. "Nous ne savons que très peu de choses sur les enfants dans le passé, et c'est un problème général en archéologie", selon elle.
Par conséquent, toute nouvelle information sur la possession de couteau par les enfants est importante.
"Le couteau est probablement l'outil le plus commun des temps anciens, mais avant moi personne ne les a réellement étudiés. Ils n'ont que vaguement été traités en archéologie, peut-être parce qu'ils n'ont pas l'air très beaux et ne sont donc pas aussi intéressants à étudier que de l'or ou des perles. Mais il y a sans doute beaucoup de connaissances à extraire de ces anciens couteaux", d'après Henriette Lyngstrøm.