La minutieuse opération de conservation du trésor viking de Galloway a bien avancé. Elle a permis de révéler de nouvelles informations sur l'origine de chaque artefact, qui seront autant d'histoires contées lors d'une exposition en 2020.
Une multitude d’indices a permis de démontrer que le contenu du trésor de Galloway, composé d’une centaine de joyaux en or, argent et pierres précieuses, provient de toute l'Europe et d'Asie.
De minuscules traces et morceaux de lin, de soie, de bois et de cuir ont été analysés pendant deux ans. Ce travail d'enquête sur le trésor a permis de comprendre que certains des objets sont plus anciens, parfois de plusieurs siècles, que l'Âge Viking.
Un trésor "transformé"
Le trésor, obtenu pour le pays par le Musée national d'Écosse à Édimbourg après une campagne de collecte de fonds de 2 millions de livres sterling en 2017, a été salué lors de sa découverte comme "la plus riche collection d'objets rares et uniques de l'époque viking jamais trouvée en Grande-Bretagne ou en Irlande".
Le Dr Martin Goldberg, conservateur principal du Musée, a déclaré que le considérable travail de conservation avait "complètement transformé" l'apparence de certains objets et révélé de nouveaux indices susceptibles de faire la lumière sur des liens jusqu'alors méconnus entre la Grande-Bretagne, l'Europe et même au-delà.
"À présent, nous comprenons mieux l'étendue internationale du trésor. Il y avait automatiquement des indices sur l’origine de certains des matériaux et les étonnantes trajectoires qui les ont amenés à travers l'Europe et l'Asie jusqu’à Galloway, où ils ont été enfouis. Mais nous en avons appris davantage quant aux spécificités des objets, leurs origines, leur ancienneté et le temps qu’il a fallu pour amasser tout ce trésor. Nous nous en tenons au Xème siècle pour ce qui est de l'enfouissement, mais certains objets ont l'air d'être plus vieux de plusieurs siècles", a-t-il déclaré.
De nouvelles images du trésor après le travail de conservation ont été dévoilées en vue d'une grande exposition, qui ouvrira ses portes au Musée national en 2020.
Chaque objet raconte une histoire
Des investigations sont toujours en cours. "Nous savons combien d'objets en dur il y avait dans le trésor, mais nous avons toujours affaire à une quantité inconnue de textiles. Certains objets étaient enveloppés dans plusieurs épaisseurs de matière. Nous essayons toujours d'identifier combien il y en avait dans le trésor et de quels types elles étaient", a confié Goldberg avant de préciser: "Nous savons cependant qu'il y a de la soie, du lin, du bois et du cuir. Le panel des matières organiques dans le trésor est très inhabituelle. Nous avons l'habitude de voir des tas d'or et d'argent, mais nous ne sommes tout simplement pas habitués à voir ce genre de conservation."
Lors de la conservation des objets au cours des deux dernières années, l'expert a eu recours à différentes techniques, des rayons X à la tomodensitométrie. "Nous avons pu obtenir une autre appréhension des différentes densités de matière de chaque objet, ainsi qu'une nouvelle compréhension de la manière dont chaque objet a été fabriqué et ce qui lui est arrivé par la suite."
Même la corrosion d'un artefact peut s’avérer utile, selon Martin Goldberg, car elle peut révéler ce qui se trouvait à côté d’un objet ou ce qui lui est arrivé. "Plutôt que d’éliminer simplement la corrosion, il nous a fallu l’enregistrer le plus soigneusement possible, car elle recèle des traces infimes d’information. Nous avons trouvé des traces potentielles de soie brodée qui ne se sont conservées que grâce à la corrosion couleur verte des objets."
La prochaine étape devrait consister à dater par le carbone 14 tous les objets du trésor afin d'établir une chronologie. "C'est une histoire qui se déroule. Nous voulons proposer une sorte de biographie pour chaque objet, de son origine à la façon dont il était utilisé à l’époque où il a été déposé dans le sol, puis relier ensemble les 100 histoires", a annoncé le conservateur.