Le port viking du Loch na h-Airde,sur l'île de Skye, qui a environ 900 ans, va être inscrit à l'inventaire des monuments historiques et sera désormais à ce titre, protégé par la loi.
L'agence publique Historic Environment Scotland (HES) a officiellement désigné un canal bordé de pierres situé dans la péninsule inhabitée de Rubh’ an Dùnain, sur l'île de Skye, comme monument historique. Deux quais pour bateaux et le Loch na h-Airde, le petit lac qui a servi de bassin portuaire, seront également protégés.
En 2009, les archéologues ont découvert du bois de charpente du début du XIIème siècle, un quai en pierre dans le lac et un système pour maintenir un niveau d'eau constant permettant aux bateaux - probablement des birlinns [navires avec un bordage à clin, propulsés par des voiles et des avirons, qui ressemblaient beaucoup aux navires vikings et étaient très répandus dans les Hébrides et les Highlands au Moyen-Âge] - d'entrer dans la mer à marée haute.
D'après Historic Environment Scotland, les dimensions des quais et la présence du canal, long de 116 mètres, indiquent que le site était un "mouillage important de la côte Ouest".
Un site unique en Ecosse
La seule façon d'accéder au site passe par une randonnée d'environ 13km, en dehors de tout chemin balisé.
D'autres vestiges de navires de l'Âge Viking et du Moyen Âge pourraient potentiellement se trouver dans le lac, d'après le communiqué de HES: "Compte tenu de son emplacement abrité et stratégiquement important, il est possible que le lac ait été utilisé pour la mise à l'abri et l'hivernage des bateaux, ou que le site ait été un lieu de rassemblement. Il peut également avoir été utilisé pour réparer ou même construire des bateaux."
En 2011, The Royal Commission on the Ancient and Historical Monuments of Scotland (RCAHMS) a lancé des sondages aériens dans l'espoir de découvrir d'autres artefacts. L'archéologue des fonds marins Colin Martin avait alors déclaré à BBC: "Ce site a un énorme potentiel pour nous raconter comment les bateaux étaient construits, entretenus et ont navigué sur le littoral ouest de l'Ecosse à l'époque médiévale", avant d'ajouter "Il n'y a aucun autre site comme celui-ci en Écosse."
Une activité maritime séculaire
Les archéologues estiment que le lac a été au coeur de l'activité maritime pendant de nombreux siècles, des Vikings aux clans MacAskill et MacLeod de l'île Skye.
Les MacAskills, d'après la légende, seraient les descendants d'un Viking appelé Asgill qui s'est installé dans la péninsule de Rubh 'an Dunain après avoir tenté en vain de prendre Dublin. Le clan fut propriétaire de ces terres pendant 700 ans. Mais depuis 1861, la péninsule est restée déserte.
En 2015, la MacAskills of Rubh 'an Dunain Society a lancé un site Web proposant une visite virtuelle de la péninsule et se félicite de la nouvelle. "C'est une décision que nous applaudissons. Cela va offrir à cet endroit unique une protection officielle et ajouter à notre campagne pour repeupler la région au moins avec une communauté en ligne virtuelle." a confié l'éditeur du site web, Gordon Mack à l'Herald Scotland.
16.04.2020 - Le port viking du Loch na h-Airde reconstitué pour une visite virtuelle
Le port viking du Loch na h-Airde a été reconstitué en images de synthèse tel qu'il devait être il y a 900 ans.
Au programme de la visite virtuelle: les hangars à bateaux, le quai fait de pierres et de bois et le canal qui reliait l'ancien port de Loch na h-Airde à la mer. La reconstitution numérique a été réalisée par le programme Open Virtual Worlds du département des Sciences informatiques de l'Université de St Andrews en collaboration avec le Centre culturel Aros Centre de l'île de Skye.
Ce travail a été financé dans le cadre du projet "Culture Power: Inspire to Develop Rural Areas" (CUPIDO) par le Programme pour la Région de la Mer du Nord (INTERREG)
Lorsque les archéologues découvrent des adultes et des enfants enterrés ensemble dans des tombes datant du début du christianisme en Scandinavie, on suppose souvent qu'ils appartenaient à la même famille. Une nouvelle étude de l'Université de Stockholm suggère le contraire.
Des chercheurs de l'Université de Stockholm ont analysé l'ADN de 142 individus du Xème au XIVème siècle, parmi lesquels plus de 60 enfants et adolescents, issus de 27 sépultures individuelles et 50 sépultures collectives mises au jour à Sigtuna, près de Stockholm, à Västerhus dans le Jämtland et à Fjälkinge en Scanie.
Les résultats montrent que les liens de parenté biologique étroits (de premier ou deuxième degré) étaient étonnamment rares parmi les personnes enterrées dans une même tombe, y compris dans les cimetières où des niveaux élevés de parenté ont pu être détectés.
"On suppose souvent que les adultes et les enfants partageant une même tombe étaient des parents et leurs enfants ou d'autres membres proches de la famille. Dans la plupart des cas, ce n'est pas ce que nous avons constaté", déclare Maja Krzewińska, du Centre de paléogénétique du département d'Archéologie et d'Études classiques de l'Université de Stockholm, auteure principale de l'étude.
Les conclusions des chercheurs, récemment publiées dans la revue scientifique Science Advances, suggèrent plutôt que des facteurs autres que les liens familiaux étroits ont souvent influencé le choix des personnes enterrées ensemble.
La découverte d'un squelette dans le sud du Groenland a permis d'identifier les vestiges d'une église jusqu'alors inconnue. Le lieu de culte date de l'époque de la colonisation viking et se trouve à côté de Brattahlíð, résidence d'Erik le Rouge.
Les fouilles menées à Qinngua, non loin de Narsarsuaq, dans les années 1970, puis 2004, avaient révélé des vestiges typiques d'une église médiévale - c'est-à-dire un complexe de forme carrée composé d'un mur d'enceinte en pierre avec un bâtiment au centre - sans pour autant permettre aux archéologues de confirmer de manière certaine la nature du site en l'absence de toutes traces d'un cimetière.
Mais grâce à de nouvelles méthodes de recherches, parmi lesquelles la cartographie de ces ruines et de leur environnement par des drones, un squelette a été mis au jour par les archéologues au cours du mois d'août 2026. Sa position, avec la tête orientée à l'ouest et les pieds vers l'est, confirme qu'il a été enterré suivant la tradition chrétienne.
"C’est, pour ainsi dire, 'le coup de grâce'. Les rites funéraires inuits sont différents: le défunt est placé dans des chambres de pierre sous des amas de pierres, tandis que les Vikings sont enterrés en terrain consacré dans l'enceinte des églises", explique Konrad Smiarowski, chercheur au Musée universitaire de Bergen et co-responsable du projet.
Un remarquable cimetière millénaire a été mis au jour dans le comté d'Innlandet, à Hamar. Les tombes, parmi lesquelles plusieurs fosses communes où sont enterrés ensemble adultes et enfants, pourraient dater des premiers temps du christianisme dans une région pourtant réputée hostile à la conversion.
L'église qui se dressait au Moyen Âge à Valum, près de Ridabu, un village de la municipalité de Hamar, dans l'est de la Norvège, fut abandonnée dès 1590. Le cimetière était connu, mais son emplacement exact n'a été révélé qu'à l'automne 2020, lorsque le Conseil du comté d'Innlandet a été informé de la présence d'ossements humains découverts par un amateur de détection de métaux.
Les relevés archéologiques effectués à l'automne 2021 ont montré que les squelettes situés le plus haut, directement sous la couche arable, étaient fragmentés et mal conservés, détruits par l'activité agricole, tandis que ceux situés plus profondément semblaient beaucoup mieux conservés.
Quinze squelettes ont finalement été mis au jour lors des fouilles menées sur le site durant le mois d'août 2026. "C’est bien plus que ce à quoi nous nous attendions d’après les premières investigations", a déclaré Aksel Haavik, archéologue de l'Institut norvégien de Recherche sur le Patrimoine culturel (NIKU).
Une quantité record d'argent a été mise au jour par un amateur de détection de métaux dans la région du Päijät-Häme, au sud de la Finlande. Il s'agit à ce jour de la plus importante découverte dans le pays datée de la fin de l'Âge du Fer, c'est-à-dire l'époque viking.
Le jeudi 3 septembre 2026, Kalle Lappinen, passionné de détection de métaux, a découvert les premières pièces d'un important trésor monétaire en argent dans la forêt près de la petite ville lacustre de Sysmä.
"Au début, il y a eu un sentiment d'incrédulité. On déterre tellement de choses d'après des signaux provenant de gisements métalliques que lorsqu'on finit par trouver un réel objet, c'est toujours une petite surprise. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des trouvailles sont des déchets ou des gisements métalliques", a confié le découvreur.
Dès le lendemain, Esko Tikkala, archéologue au musée régional de Lahti, a inspecté le site et supervisé la récupération du trésor.
Un danois de Rebild, dans le Jutland du Nord, a fait une découverte spectaculaire alors qu'il aménageait une terrasse dans son jardin : plus de 18,5 kilos d’argent enfouis dans le sol. Il s’agit du plus important trésor d’argent de l’époque viking jamais trouvé au Danemark.
Ce trésor est presque trois fois plus important, a déclaré le Nordjyske Museer (Musée historique du Jutland du Nord) dans un communiqué de presse, que le plus grand trésor d'argent de l'Âge Viking découvert à ce jour dans le pays - le trésor de Terslev, d'un poids d'environ 6,5 kilogrammes, sur l'île de Seeland en 1911.
Caché dans le sol dans un récipient en argile au cours du IXème siècle, le trésor de Rebild se compose d'environ 700 objets et divers morceaux d'argent. Parmi de nombreux lingots, se trouvent également des bracelets, 47 pièces de monnaie entières et des pièces découpées, ainsi qu'un petit marteau de Thor.
"Cette découverte est capitale pour notre compréhension de l'Âge Viking au Danemark. Non seulement en raison de son importance, mais aussi parce que ce trésor illustre parfaitement le rôle de l'argent comme symbole de richesse et moyen de paiement à cette époque. C'est comme découvrir un coffre-fort de l'époque viking", a déclaré Torben Sarauw, responsable du patrimoine culturel et archéologue au Nordjyske Museer.
La tombe d'une femme du VIIIème siècle a été mise au jour par Arkæologi Vestjylland à Skonager, dans le Jutland occidental. Les dents et les fragments de tissu, exceptionnellement bien conservés, pourraient révéler de précieuses informations sur la tenue qu'elle portait et d'autres aspects de la vie à l'époque viking.
La sépulture ARV 661 se trouve à Skonager, une localité rurale près de la ville de Varde. Il s'agit de la tombe d'une femme enterrée dans un cercueil placé dans une fosse, sa tête reposant sur un coussin de pierre.
Mais le plus remarquable, ce sont deux broches en bronze ou en argent, appelées broches tortues, découvertes avec plusieurs fragments de tissus. Lise Ræder Knudsen, spécialiste des textiles anciens, est en charge de l'analyse des textiles, avec le soutien de la Fondation Agnes Geijers.