Midvinterblot, l'oeuvre monumentale de Carl Larsson, est à présent de retour dans le hall des grands escaliers du Musée national de Stockholm. Elle avait été retirée dans le cadre de la rénovation du musée, commencée il y a presque cinq ans, et vient d'être réinstallée.
Il a fallu près de 20 employés du musée pour déplacer le tableau et le remettre en place. Le tableau se compose de deux toiles et mesure au total 6,4m x 13,6m. Les préparatifs ont duré plusieurs semaines, le temps nécessaire aux restaurateurs et menuisiers pour examiner la peinture et le cadre.
En outre, les conservateurs, aidés par les artisans, ont amélioré le montage du cadre qui permet de suspendre l'oeuvre au mur. "La chose la plus importante pour les conservateurs a été de garantir, avec une méthode réversible, un montage qui durera de nombreuses années afin que la peinture puisse être exposée en toute sécurité", a expliqué Anne-Grethe Slettemoen, chef de l'unité de conservation du Musée national.
Une oeuvre controversée
Midvinterblot est l'une des œuvres les plus controversées peinte par l'artiste suédois Carl Larsson (-). Cette oeuvre est la dernière des six grandes fresques à l'huile qu'il a réalisées pour le Musée national à compter de 1896.
Le thème s'inspire d'une scène de la mythologie nordique décrite dans l'Ynglingatal: la mort du roi Domalde, un roi suédois légendaire de la dynastie des Ynglingar, qui se sacrifie devant le temple d'Uppsala pour mettre un terme aux années de disette qui ont frappé son peuple.
Le premier croquis, déjà, avait reçu des critiques, et parmi elles, celle de ne pas être historiquement correct. Carl Larsson décida de terminer tout de même son tableau et le présenta au Musée national pour la première fois en 1915. Le tableau fut refusé par la direction du Musée.
78 ans plus tard
Après la mort de Carl Larsson en 1919, la peinture fut stockée au Musée des Esquisses, à Lund. Dans ses mémoires, Jag ("Je" , c'est-à-dire Moi-même), publiées après sa mort, Carl Larsson encore fâché par la polémique et le retrait de son oeuvre, déclare son amertume et sa déception face au rejet de ce qu'il considérait comme son chef-d'œuvre.
En 1983-84, le Midvinterblot fut rénové et exposé au Musée historique de Stockholm. Par la suite, il fut acheté par un marchand d'art suédois qui offrit l'oeuvre au Musée national. À nouveau, la direction du musée opposa un refus. Même le musée historique se vit proposer le tableau et déclina l'offre sans que cela puisse être au motif d'un prix trop élevé.
En 1987, il fut vendu aux enchères et acquis par un collectionneur japonais. Le propriétaire prêta l'oeuvre pour la grande exposition "Carl Larsson" au Musée national, en 1992, lui permettant enfin d'occuper temporairement la place à laquelle son auteur la destinait.
Ce n'est qu'après de longues négociations et un généreux soutien financier de la part de donateurs privés et de fondations, que la peinture fut finalement acquise par le Musée national au cours de l'été 1997. Elle y fut exposée jusqu'en mai 2013, date à laquelle elle est partie en restauration, tandis que le musée fermait pour être rénové.
Les visiteurs pourront donc de nouveau admirer l'oeuvre de Carl Larsson lorsque le musée ouvrira ses portes, le 13 octobre 2018.
Des fouilles archéologiques d'une ampleur inédite menées dans le comté de Västmanland, ont permis la découverte de neuf sites différents de l'Âge Viking le long de l'autoroute E18. Les nombreux vestiges et remarquables artefacts mis au jour jettent un nouvel éclairage sur la vie quotidienne, les rites funéraires et les hommages rendus aux défunts il y a plus de 1000 ans.
Lorsque la route E18, entre Köping et Västjädra, près de Västerås, a été transformée en autoroute, les archéologues des Musées historiques suédois ont été chargés d'étudier neuf sites de l'époque viking.
Un bûcher funéraire visible de toute la région. Des tombes regorgeant d'armes, de chevaux, de chiens et de rapaces. Mais aussi des traces d'agriculture, de fabrication du pain et du travail des métaux évoquant la vie quotidienne dans les fermes. Désormais rassemblés en seul rapport publié par Arkeologerna, les résultats de ces fouilles menées en 2021 et 2022 livrent des connaissances uniques sur l'histoire ancienne de toute une région.
"Les sites sont passionnants, mais c’est l’ensemble qui est le plus intéressant. Nous avons une longue coupe transversale reliant simultanément plusieurs communautés, ce qui nous permet de comprendre comment la société et le paysage ont évolué au fil des générations", a déclaré Fredrik Larsson, archéologue et chef de projet à Arkeologerna.
Les figurines en métal de l'Âge Viking mises au jour en Suède seraient bien plus que de simples bijoux. Interprétées traditionnellement comme des représentations de personnages issus de la mythologie nordique, de nouvelles analyses ouvrent des perspectives inédites sur leurs fonctions.
Les miniatures en argent ou en bronze des anciens Scandinaves, depuis longtemps présentées comme des amulettes incarnant des valkyries ou des dieux populaires tels que Thor, Freyr et Freya, occupent une place importante dans les débats des archéologues sur les rituels et la religion à l'époque viking.
De plus, ces artefacts livrent une précieuse représentation visuelle sur la manière dont les corps étaient représentés, habillés et perçus, il y a plus de 1000 ans.
Des chercheurs de l'Université de Leicester et du Musée national du Danemark sont allés encore plus loin en examinant dix objets emblématiques de ce type grâce aux techniques avancées d'imagerie numérique pemettant d'explorer les micro-traces de fabrication, d'usure et de manipulation. Les résultats de leurs travaux publiés le 23 Octobre 2025 dans la revue Antiquity lèvent le voile sur la complexité et la diversité des interactions suscitées par les objets anthropomorphes et les corps humains auxquels ils étaient liés.
L'archéologue Greer Jarrett, de l'Université de Lund, en Suède, navigue depuis trois ans sur les traces des Vikings. Dans sa dernière étude, il révèle l'existence d'un réseau décentralisé de ports, situés sur des îles et des péninsules, qui ont probablement joué un rôle central dans le commerce et les voyages à l'époque viking.
Entre septembre 2021 et juillet 2022, Greer Jarrett a participé à quinze essais de navigation à bord de sept bateaux différents, tous semblables aux bateaux utilisés à l'époque viking, dont six construits dans la tradition d'Åfjord et un bateau traditionnel à clins de Nordmøre. Puis, entre avril et juin 2022, deux voyages d'environ trois semaines chacun ont été effectués: un aller-retour vers le Nord, de Rissa (comté du Trøndelag) à Henningsvær (archipel des Lofoten) à bord d'un fembøring, et en direction du sud un aller simple de Rissa à Bergen à bord d'un faering.
Les résultats de ses recherches, publiés le 8 mai dans le Journal of Archaeological Method and Theory, montrent que les probables itinéraires empruntés par les Vikings les ont conduits plus loin des terres que ce qui était admis jusqu'à présent. "Je peux démontrer que ce type de bateau navigue bien en eau libre, dans des conditions difficiles. Mais naviguer près des terres et dans les fjords présente parfois des défis tout aussi grands, bien que moins évidents. Par exemple, les courants sous-marins et les vents catabatiques qui soufflent des pentes des montagnes", a déclaré le doctorant en Archéologie.
L'utilisation combinée de l'Archéologie expérimentale, de l'Ethnologie maritime et de la reconstruction numérique de paysages marins, lui a permis d'identifier le long de la côte norvégienne quatre ports jusqu'alors inconnus, utilisés par les Vikings il y a plus de 1000 ans.
Un doctorant a étudié l'histoire sur 200 ans de près de 300 reproductions des sculptures du portail nord de la stavkirke d'Urnes, l'une des plus célèbres églises en bois debout de Norvège. Cette profusion d'images,qui interroge et renverse la vision archaïque d'un monument figé dans le temps, révèle une iconicité toute contemporaine.
L'église en bois debout d'Urnes, située dans la municipalité de Luster, est l'un des huit sites norvégiens inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, en tant qu'exemple d'architecture traditionnelle scandinave en bois d’une valeur universelle exceptionnelle.
La stavkirke construite en 1130 est l'une des plus anciennes églises en bois de Norvège. Mais le portail du côté nord est encore plus ancien; daté de l'année 1070, il a probablement été déplacé d'une église antérieure.
Les sculptures de ce portail, d'une hauteur de 3,5 mètres et d'une profondeur atteignant 10 centimètres, ont trouvé leur place dans un grand nombre de reproductions à diverses fins. Ce sont à ces dernières, de 1826 à nos jours, auxquelles Nick Walkley s'est intéressé dans sa thèse de doctorat à l'École d'Architecture et de Design d'Oslo (AHO), avec pour objectif de comprendre à quelles fins et de quelle manière elles affectent la perception du monument original.
Un bracelet a récemment été trouvé dans une zone humide près de Löt, par un habitant de l'île d'Öland. Daté de l'époque viking, il y a plus de 1000 ans, il s'agit d'après l'expert du Conseil d'administration du comté de Kalmar d'une découverte exceptionnelle.
La découverte est inhabituelle à plusieurs égards. Alors que les bracelets jonc de l'Âge Viking sont généralement en argent ou en bronze, celui mis au jour à Öland est en fer. "Sur plus de 1000 bracelets dans la collection du Musée historique d'État, seuls trois sont en fer", a indiqué Karl-Oskar Erlandsson, l'archéologue du Conseil d'administration du comté de Kalmar, pour souligner la rareté du bijou.
Qui plus est, il ne ressemble à aucun des bracelets répertoriés de ce genre qui proviennent tous de l'île voisine de Gotland.
Des chercheurs de l'Université de Göteborg ont passé au scanner les crânes d'une quinzaine d'individus de l'Âge Viking. Les séquelles révélées par cet examen montrent que de nombreuses maladies bucco-dentaires et maxillo-faciales, des otites et sinusites, de l'arthrose et bien d'autres pathologies encore, affectaient la population de l'époque.
Varnhem, dans la province suédoise de Västergötland, est connu pour ses milliers de tombes et la découverte, lors des fouilles en 2005, des squelettes d'individus bien conservés ayant appartenu à l'une des toutes premières communautés chrétiennes de l'époque viking du pays.
Il y a un peu plus d'un an, des chercheurs avaient déjà publié une étude* basée sur l'examen des dents et des mâchoires de 171 individus datés de la fin de l'Âge Viking en provenance de ce site. Mais des odontologues de l'Université de Göteborg ont à présent poussé ces recherches plus loin, en analysant non seulement les dents mais aussi les crânes entiers d'un sous-ensemble de cette population grâce à la tomodensitométrie.
Selon les résultats de leurs travaux, publiés le 18 février 2025 dans la revue dentaire internationale en accès libre BDJ Open, les 15 individus dont les crânes ont été scannés souffraient d'un large éventail de maladies susceptibles d'avoir entraîné leur décès.
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