Cela faisait 27 ans qu'un tel événement ne s'était pas produit. Sous le plancher de la cuisine d'une maison du XIXème siècle, une grosse pierre runique du début de l'Âge Viking a été découverte. La pierre de Mosekær, dont l'inscription a été récemment déchiffrée par une runologue, est la 44ème pierre runique trouvée dans la région de Randers.
C'est en voulant remplacer l'ancien sol en linoléum de la cuisine par un plancher en bois et installer par la même occasion un système de chauffage au sol, que Lene Brandt et son compagnon, Anders Nielsen, sont tombés sur un authentique témoignage de l'histoire danoise, vieux de 1200 ans et pesant près de 900 kilos.
Identifiée grâce à une photo sur Facebook
La découverte a eu lieu en 2020 alors que le couple venait de se lancer dans des travaux de rénovation de leur cuisine. Une pierre de grandes dimensions est apparue sous le vieux parquet près du poêle. "Plus nous enlevions de lames du plancher, plus la pierre semblait grande", se rémémore Lene Brandt.
D'une taille de 2 mètres de long sur 80 centimètres de large, la pierre est si imposante que la question de savoir comment ils allaient s'y prendre pour la sortir de la maison est rapidement devenue une préoccupation. Un voisin a suggéré de la couper en morceaux mais, fort heureusement, le couple n'a pas retenu cette option.
Au lieu de cela, ils ont contacté un archéologue du Musée Østjylland qui s'est rendu sur place afin de l'examiner. Ce dernier a cependant estimé qu'il s'agissait d'un bloc de pierre relativement récent, et pour cause: il n'a pas pu voir les runes gravées sur la face couchée contre le sol.
Ces runes seront finalement remarquées par un archéologue amateur grâce à une photo, immortalisant la manoeuvre d'extraction de la pierre par un camion-grue de location, que le couple avait partagée sur Facebook. "Je ne suis pas peu fière qu'elle ait été trouvée ici et que nous ayons réussi à la soulever en un seul morceau", a confié la propriétaire du lieu.
Une fois le musée mis au courant de ce nouvel élément, tout s'est très vite enchaîné. La pierre runique est depuis lors entreposée dans une réserve du musée où elle a été délicatement nettoyée en attendant d'être analysée.
En mémoire de Bjarne, Bjorn ou Birger?
Afin de répondre aux nombreuses questions que suscite une telle découverte, l'inspectrice en chef du Musée Østjylland, Benita Clemmensen, a fait appel à une spécialiste, Lisbeth Imer, runologue au Musée national de Copenhague depuis 2004. Il ne lui a d'ailleurs fallu que peu de temps, vendredi dernier, 10 Juin, pour se prononcer.
De l'inscription originale sur cette pierre, il ne reste que 5 runes. "Ici, nous avons au moins ce qu'il reste d'une rune[correspondant à la lettre]A. Les barres longues et verticales sont dites capitales - les autres sont appelées barres auxiliaires. Alors ici, il y a un F, ceci est T, et puis il devait y avoir ici un signe de ponctuation indiquant qu'un nouveau mot arrive", a expliqué l'experte, avant de repérer un B et ce qui ressemble le plus à un I.
"AFT a le sens de 'après', et BI est probablement le début d'un nom. Il est assez typique qu'une pierre runique soit érigée en l'honneur de quelqu'un, mais nous ne pouvons pas savoir de qui il s'agit car il manque une partie de la pierre", a-t-elle indiqué.
La grande majorité des pierres runiques dans les pays nordiques ont été érigées en souvenir de personnes disparues. Il peut s'agir ici d'un homme nommé Bjarne, Björn ou Birger, ou peut-être d'une femme nommée Björk, qui sait? La runologue suppose que la pierre a tout simplement été taillée pour être intégrée à la maison en guise de fondation lors de sa construction, vers la moitié du XIXème siècle - une époque où, de toute évidence, le patrimoine culturel ne revêtait pas l'importance qu'il a de nos jours.
D'après son estimation fondée sur la dimension des runes, relativement grandes, ainsi que la combinaison des lettres, la gravure sur la pierre daterait du début de l'Âge Viking, vers l'an 800.
Une région riche en découvertes de l'Âge Viking
Lisbeth Imer est régulièrement amenée à expertiser des pierres runiques découvertes un peu partout dans le pays: en 2006, c'était à Faaborg, en 2011 à Ribe et plus récemment en 2016 à Thy. Cette année, c'est au tour du village de Mosekær.
S'il est relativement rare que de nouvelles pierres runiques soit mises au jour au Danemark, beaucoup d'entre elles par le passé ont été trouvées ici, dans la région de Randers. La pierre de Mosekær est précisément la 44ème pierre runique découverte dans cette partie de la péninsule du Jutland, ce qui n'était pas arrivé depuis 27 ans. La 43ème pierre, dite 'pierre de Borup', est en effet apparue en 1995 lorsque le dallage de l'église de Borup, au nord de Randers, a dû être changé.
"Les pierres et leur quantité témoignent du fait que la région avait une grande importance politique à l'époque viking, car nulle part ailleurs au Danemark on n'en a trouvé autant; elles ont non seulement été en grande partie érigées en souvenir d'une personne décédée, mais aussi comme une sorte de manifestion de pouvoir", a souligné Benita Clemmensen.
Il y a quelques années, l'un des plus grands trésors d'argent du Danemark, le trésor de Tinghøj, a été découvert non loin de Mosekær, et un certain nombre de routes et de ponts bien conservés ont été répertoriés lors de fouilles archéologiques, ce qui en dit long sur l'infrastructure locale à l'Âge Viking.
De la cuisine au Musée national
"Nous sommes vraiment ravis au Musée Østjylland, car ce n'est pas si souvent que l'on trouve des pierres runiques", a déclaré l'inspectrice du musée. "Lorsqu'une telle découverte survient, nous pensons immédiatement à ce que nous pourrions avoir d'autre de l'Âge Viking dans la région pour pouvoir la replacer dans son contexte. C'est important parce que c'est l'un des écrits les plus anciens que nous ayons. Nous avons par ce biais l'occasion d'obtenir quelques noms des Vikings qui ont vécu ici."
Les investigations de Lisbeth Imer n'auront duré que quelques heures en tout et pour tout, mais ses conclusions sont sans appel: la pierre de Mosekær constitue un authentique trésor national ("danefæ").
Lene Brandt et Anders Nielsen peuvent ainsi s'attendre à recevoir une récompense en espèces. Toutefois, le montant de cette dernière reste à déterminer par le Musée national en fonction, entre autres, de la valeur matérielle et de la rareté de leur découverte. Ces derniers s'estiment déjà heureux d'avoir vécu inopinément une telle aventure archéologique: "C'est méga cool. Nous sommes fiers d'avoir trouvé quelque chose dans notre cuisine qui va être dans un musée".
La pierre vieille de 1200 ans a désormais rejoint la collection officielle du Musée national, et elle fera sans doute prochainement l'objet d'une exposition au Musée Østjylland.
Lorsque les archéologues découvrent des adultes et des enfants enterrés ensemble dans des tombes datant du début du christianisme en Scandinavie, on suppose souvent qu'ils appartenaient à la même famille. Une nouvelle étude de l'Université de Stockholm suggère le contraire.
Des chercheurs de l'Université de Stockholm ont analysé l'ADN de 142 individus du Xème au XIVème siècle, parmi lesquels plus de 60 enfants et adolescents, issus de 27 sépultures individuelles et 50 sépultures collectives mises au jour à Sigtuna, près de Stockholm, à Västerhus dans le Jämtland et à Fjälkinge en Scanie.
Les résultats montrent que les liens de parenté biologique étroits (de premier ou deuxième degré) étaient étonnamment rares parmi les personnes enterrées dans une même tombe, y compris dans les cimetières où des niveaux élevés de parenté ont pu être détectés.
"On suppose souvent que les adultes et les enfants partageant une même tombe étaient des parents et leurs enfants ou d'autres membres proches de la famille. Dans la plupart des cas, ce n'est pas ce que nous avons constaté", déclare Maja Krzewińska, du Centre de paléogénétique du département d'Archéologie et d'Études classiques de l'Université de Stockholm, auteure principale de l'étude.
Les conclusions des chercheurs, récemment publiées dans la revue scientifique Science Advances, suggèrent plutôt que des facteurs autres que les liens familiaux étroits ont souvent influencé le choix des personnes enterrées ensemble.
La découverte d'un squelette dans le sud du Groenland a permis d'identifier les vestiges d'une église jusqu'alors inconnue. Le lieu de culte date de l'époque de la colonisation viking et se trouve à côté de Brattahlíð, résidence d'Erik le Rouge.
Les fouilles menées à Qinngua, non loin de Narsarsuaq, dans les années 1970, puis 2004, avaient révélé des vestiges typiques d'une église médiévale - c'est-à-dire un complexe de forme carrée composé d'un mur d'enceinte en pierre avec un bâtiment au centre - sans pour autant permettre aux archéologues de confirmer de manière certaine la nature du site en l'absence de toutes traces d'un cimetière.
Mais grâce à de nouvelles méthodes de recherches, parmi lesquelles la cartographie de ces ruines et de leur environnement par des drones, un squelette a été mis au jour par les archéologues au cours du mois d'août 2026. Sa position, avec la tête orientée à l'ouest et les pieds vers l'est, confirme qu'il a été enterré suivant la tradition chrétienne.
"C’est, pour ainsi dire, 'le coup de grâce'. Les rites funéraires inuits sont différents: le défunt est placé dans des chambres de pierre sous des amas de pierres, tandis que les Vikings sont enterrés en terrain consacré dans l'enceinte des églises", explique Konrad Smiarowski, chercheur au Musée universitaire de Bergen et co-responsable du projet.
Un remarquable cimetière millénaire a été mis au jour dans le comté d'Innlandet, à Hamar. Les tombes, parmi lesquelles plusieurs fosses communes où sont enterrés ensemble adultes et enfants, pourraient dater des premiers temps du christianisme dans une région pourtant réputée hostile à la conversion.
L'église qui se dressait au Moyen Âge à Valum, près de Ridabu, un village de la municipalité de Hamar, dans l'est de la Norvège, fut abandonnée dès 1590. Le cimetière était connu, mais son emplacement exact n'a été révélé qu'à l'automne 2020, lorsque le Conseil du comté d'Innlandet a été informé de la présence d'ossements humains découverts par un amateur de détection de métaux.
Les relevés archéologiques effectués à l'automne 2021 ont montré que les squelettes situés le plus haut, directement sous la couche arable, étaient fragmentés et mal conservés, détruits par l'activité agricole, tandis que ceux situés plus profondément semblaient beaucoup mieux conservés.
Quinze squelettes ont finalement été mis au jour lors des fouilles menées sur le site durant le mois d'août 2026. "C’est bien plus que ce à quoi nous nous attendions d’après les premières investigations", a déclaré Aksel Haavik, archéologue de l'Institut norvégien de Recherche sur le Patrimoine culturel (NIKU).
Une quantité record d'argent a été mise au jour par un amateur de détection de métaux dans la région du Päijät-Häme, au sud de la Finlande. Il s'agit à ce jour de la plus importante découverte dans le pays datée de la fin de l'Âge du Fer, c'est-à-dire l'époque viking.
Le jeudi 3 septembre 2026, Kalle Lappinen, passionné de détection de métaux, a découvert les premières pièces d'un important trésor monétaire en argent dans la forêt près de la petite ville lacustre de Sysmä.
"Au début, il y a eu un sentiment d'incrédulité. On déterre tellement de choses d'après des signaux provenant de gisements métalliques que lorsqu'on finit par trouver un réel objet, c'est toujours une petite surprise. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des trouvailles sont des déchets ou des gisements métalliques", a confié le découvreur.
Dès le lendemain, Esko Tikkala, archéologue au musée régional de Lahti, a inspecté le site et supervisé la récupération du trésor.
Un danois de Rebild, dans le Jutland du Nord, a fait une découverte spectaculaire alors qu'il aménageait une terrasse dans son jardin : plus de 18,5 kilos d’argent enfouis dans le sol. Il s’agit du plus important trésor d’argent de l’époque viking jamais trouvé au Danemark.
Ce trésor est presque trois fois plus important, a déclaré le Nordjyske Museer (Musée historique du Jutland du Nord) dans un communiqué de presse, que le plus grand trésor d'argent de l'Âge Viking découvert à ce jour dans le pays - le trésor de Terslev, d'un poids d'environ 6,5 kilogrammes, sur l'île de Seeland en 1911.
Caché dans le sol dans un récipient en argile au cours du IXème siècle, le trésor de Rebild se compose d'environ 700 objets et divers morceaux d'argent. Parmi de nombreux lingots, se trouvent également des bracelets, 47 pièces de monnaie entières et des pièces découpées, ainsi qu'un petit marteau de Thor.
"Cette découverte est capitale pour notre compréhension de l'Âge Viking au Danemark. Non seulement en raison de son importance, mais aussi parce que ce trésor illustre parfaitement le rôle de l'argent comme symbole de richesse et moyen de paiement à cette époque. C'est comme découvrir un coffre-fort de l'époque viking", a déclaré Torben Sarauw, responsable du patrimoine culturel et archéologue au Nordjyske Museer.
La tombe d'une femme du VIIIème siècle a été mise au jour par Arkæologi Vestjylland à Skonager, dans le Jutland occidental. Les dents et les fragments de tissu, exceptionnellement bien conservés, pourraient révéler de précieuses informations sur la tenue qu'elle portait et d'autres aspects de la vie à l'époque viking.
La sépulture ARV 661 se trouve à Skonager, une localité rurale près de la ville de Varde. Il s'agit de la tombe d'une femme enterrée dans un cercueil placé dans une fosse, sa tête reposant sur un coussin de pierre.
Mais le plus remarquable, ce sont deux broches en bronze ou en argent, appelées broches tortues, découvertes avec plusieurs fragments de tissus. Lise Ræder Knudsen, spécialiste des textiles anciens, est en charge de l'analyse des textiles, avec le soutien de la Fondation Agnes Geijers.